France: au second tour de la présidentielle, plus de 16 000 électeurs ont voté pour rien

11 - Mai - 2017

Au second tour de la présidentielle, 38 bureaux de vote ont vu leurs 16.467 suffrages invalidés par le Conseil constitutionnel, pour diverses irrégularités.
Mercredi 10 mai, le Conseil constitutionnel a publié la «Proclamation des résultats de l'élection du Président de la République», qui donne, comme son nom l'indique, les résultats officiels et définitifs du scrutin du 7 mai. Outre le fait qu'on y connaît ainsi les scores exacts d'Emmanuel Macron, de Marine Le Pen, des votes blancs, nuls, ainsi que le chiffre exact de l'abstention, le Conseil constitutionnel fait aussi état des irrégularités recensées.

Dans 38 bureaux de vote, le Conseil a annulé «l'ensemble des suffrages émis», soit ceux de 16 467 électeurs, pour diverses raisons. 16 467 électeurs qui ont voté pour rien. L'absence d'assesseurs ou de suffisamment de membres du bureau de vote a provoqué l'invalidation de l'élection dans 16 bureaux de vote : Nice (n°208), Wallon-Cappel (Nord), Toulouse (n°105), Besné (n°1 ; Loire-Atlantique), Pontchâteau (n°3, 4 et 6 ; Loire-Atlantique), Pavillons-sous-Bois (n°8 et 9 ; Seine-Saint-Denis) et les sept bureaux de Savenay (Loire-Atlantique). Pour les communes de Canteleux et de Guinecourt (Pas-de-Calais), les 20 suffrages ont été invalidés parce que les bureaux de vote ont fermé à 15h et 17h.

Bulletins blancs et enveloppes pré-remplies

A Montbel (Ariège), Vaudreville (Manche), La Chapelle-sur-Usson (Puy-de-Dôme), Maconcourt (Vosges) et dans les quatre bureaux de vote de Millas (Pyrénées-Orientales), le Conseil a annulé l'élection parce que «des bulletins blancs étaient déposés sur la table à l'entrée de la salle de scrutin», ce qui «constitue une irrégularité de nature à influencer les électeurs et à porter atteinte à la sincérité du scrutin». En effet, pour pouvoir voter blanc, soit l'électeur dépose dans l'urne une enveloppe vide, soit il y place un bulletin blanc, confectionné par ses soins, selon des critères précis.

A Mamoudzou (n°5 ; Mayotte), les suffrages ont été annulés car «plusieurs enveloppes contenant déjà un bulletin au nom de l'un des candidats ont été mises à disposition des électeurs». A cause de ça, les voix de 195 électeurs n'ont pas été validées par le Conseil constitutionnel.

Irrégularités au moment du dépouillement

Plusieurs bureaux de vote ont vu leurs suffrages invalidés après la constatation d'irrégularités au moment du dépouillement. A Sainte-Foy (n°1 et 2 ; Vendée), le Conseil explique qu'il «a été procédé aux opérations de dépouillement [...] sans double contrôle ni lecture à haute voix des bulletins dépouillés, ni comptage des bulletins au fur et à mesure du dépouillement». A Givors (n°4 ; Rhône), les opérations de dépouillement se sont tenues «hors la présence des électeurs, qui se sont vu refuser l'accès au bureau à compter de la clôture du scrutin […] Les électeurs ont ainsi été privés, sans justification, de la possibilité d'exercer leur droit à surveiller le dépouillement des votes.»

Irrégularité similaire à Lagamas (Hérault), où «la commune [...] a transmis à la préfecture après le dépouillement du scrutin un procès-verbal des opérations de vote incomplet, sans dénombrement des enveloppes et bulletins dépourvus d'enveloppe trouvés dans l'urne, des bulletins blancs et des suffrages exprimés, et n'a pas non plus joint les feuilles de pointage». A Fontaines et d'Asquins (Yonne), «les listes d'émargement des bureaux de vote […] n'ont pas été transmises à la préfecture après le dépouillement du scrutin».

De plus, pour les uniques bureaux de vote des communes d'Évrecy (Calvados) et de Vendœuvres (Indre), «les électeurs étaient invités à signer la liste d'émargement avant d'introduire leur bulletin dans l'urne». Résultat : 1078 suffrages invalidés.

Et trois cas inclassables

Si la majorité des annulations du Conseil concerne des irrégularités dans le respect du protocole du suffrage, il est trois cas où la fraude électorale n'est pas loin. A Bastia (Haute-Corse), pour le bureau n°11, «le président du bureau était en possession des deux clefs de l'urne et a en outre tenté de dissimuler cette irrégularité au magistrat délégué du Conseil constitutionnel». Et pour le n°17, «l'urne était ouverte de sorte qu'il était possible d'y introduire des bulletins par une autre ouverture que celle prévue à cette fin».

Enfin, A Appoigny (n°2 ; Yonne), «la liste d'émargement du bureau de vote fait apparaître des signatures similaires pour l'ensemble des votants». Au premier tour, 21 bureaux de vote avaient vu leurs suffrages invalidés.

leparisien.fr

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