France : Wattu Senegaal réclame le couplage des élections législatives et présidentielle
Les responsables de la section France de Wattu Senegaal ont tenu une conférence de presse, samedi 18 mars, à Paris. Face aux journalistes, ils ont réclamé le couplage des élections présidentielle et législations. Ils ont aussi exhorté leurs leaders de présenter une listes commune aux législatives du 30 juillet prochain. Les conférenciers ont enfin dénoncé l’incarcération du maire de Dakar, Khalifa Sall.
La section France de Wattu Senegaal est allée droit au but : le mandat du président Macky Sall prend fin le 3 avril prochain. Une situation qui s’expliquerait par le fait que la nouvelle mouture de la Constitution n’a pas prévu de dispositions transitoires précisant que le mandat en cours de Macky Sall n’est pas concerné par la réduction de la durée du CDD présidentiel. Du coup, elle réclame le couplage des élections législatives et présidentielle.
« La section France de la coalition Wattu Senegaal s’est réunie aujourd’hui pour réclamer le départ du Macky Sall à partir du 3 avril. Nous avons consulté des constitutionnalistes de diverses nationalités (française, anglaise et sénégalaise). De ces consultations, il ressort qu’au-delà du 3 avril, nous n’aurons plus de président de la République. Et vu que le pouvoir ne peut pas être vacant, nous demandons à Macky Sall de prendre toutes les dispositions nécessaires pour coupler les élections présidentielle et législatives », a argumenté Ibrahima Diop lors d’une conférence de presse, samedi 18 mars, à Paris.
« Les constitutionnalistes que nous avons consultés ont dit que Macky Sall devait mettre des dispositions transitoires dans la nouvelle Constitution pour dire que son mandat en cours n’est pas concerné par la réduction, ce qui n’a pas été fait. On est donc obligé de constater qu’au soir du 3 avril, à minuit, il ne sera plus président de la République », a ajouté Macoumba Sadji, responsable du Grand parti en France.
Et si Macky Sall ne répond pas favorablement à leur requête, les conférenciers ont promis de mobiliser leurs leaders, mais aussi les mouvements citoyens pour rendre le pays ingouvernable. « Si nous ne sommes pas entendus, nous mènerons toutes les actions nécessaires pour qu’il ne soit pas au palais au-delà du 3 avril. S’il ne dit pas aux Sénégalais qu’il va coupler les élections, nous allons bloquer systématiquement toutes les représentations diplomatiques en France et en Europe. Et nous allons demander à nos leaders, aux mouvements citoyens qui sont au Sénégal, de s’unir dans un cadre pour aller déloger Macky Sall », a menacé Ibrahima Diop.
Dans une salle remplie comme un œuf, les conférenciers ont aussi annoncé leur décision de présenter une liste commune aux législatives du 30 juillet pour, ont-ils expliqué, se donner toutes les chances de rafler la mise. C’est justement dans cette optique qu’ils ont demandé à leurs leaders de suivre leur démarche. « Pour nous, c’est une impérieuse nécessité de former une liste commune aux législatives. En France, toutes les fédérations sont d’accord. Nous appelons nos leaders qui sont au Sénégal de constituer une seule liste, car c’est le seul moyen pour gagner les élections législatives. C’est le message que l’ensemble des leaders politiques en France lancent à leurs leaders », a dit Ibrahima Thiam, coordinateur de la fédération de Bokk Gis Gis de France.
« Cette dynamique unitaire s’impose. C’est une urgence salutaire pour le peuple sénégalais. Nous devons tout faire pour imposer une cohabitation à Macky Sall. L’objectif, c’est de faire en sorte qu’il y ait un rééquilibrage des pouvoirs. Nous avons un excès de présidentialisme qui est nuisible à notre pays. Vous avez vu tous les scandales non élucidés qui se succèdent depuis cinq ans », a ajouté Cheikh Ahmed Tidiane Sall, le coordinateur de Wattu/France.
Les conférenciers ont enfin dénoncé l’incarcération de Khalifa Sall, maire de Dakar, victime à leurs yeux, d’un complot oudi par Macky Sall et Ousmane Tanor Dieng pour l’empêcher de se présenter à la présidentielle de 2019. « Ce n’est pas normal d’arrêter injustement un leader politique de la trempe de Khalifa Sall. C’est scandaleux, nous devons nous battre pour qu’il soit libéré le plus tôt possible », a estimé Awa Caillé du Mouvement Politique et Citoyen « Luy Jot jotna ».
Cheikh Sidou SYLLA