Gambie : l'ex-président Yahya Jammeh annonce qu'il quitte le pouvoir

21 - Janvier - 2017

Cette fois, il ne reviendra peut-être pas sur sa décision. Yahya Jammeh a annoncé samedi 21 janvier qu'il allait quitter le pouvoir, cédant ainsi à la pression des pays d'Afrique de l'Ouest qui menaçaient d'intervenir militairement pour permettre à son adversaire Adama Barrow de prendre la présidence. Ce départ annoncé permet au pays de sortir de l'impasse institutionnelle dans lequel il a été plongé par le refus de Yahya Jammeh d'admettre sa défaite à l'élection présidentielle de décembre dernier.
«J'ai décidé aujourd'hui en bonne conscience d'abandonner la responsabilité de la direction de ce grand pays», a-t-il déclaré à la télévision d'État. «À tous ceux qui m'ont soutenu ou qui se sont opposés à moi au cours de cette période, je demande de mettre l'intérêt suprême de notre nation, la Gambie, au-dessus des intérêts partisans et d'œuvrer ensemble», a-t-il ajouté. Auparavant, les présidents mauritanien et guinéen ont obtenu son accord de principe pour qu'il quitte la Gambie.
La pression n'avait cessé de s'accroître ses derniers jours sur celui qui était, depuis 1994, le maître impitoyable et imprévisible de ce petit pays de deux millions d'habitants, enclavé dans le Sénégal. Vendredi, une figure clé, le patron de l'armée, le général Ousmane Badjie a annoncé qu'il soutiendrait le nouveau président en le reconnaissant comme commandant en chef des 2500 militaires de l'armée gambienne.
Pour l'instant on ne connaît pas le contenu de l'accord qui a été conclu, ni quel est le pays qui offrira l'asile à Yahya Jammeh, mais quelques détails ont tout de même fuité.
L'ex-président gambien a fait savoir qu’il souhaitait rester dans son pays. Une option catégoriquement refusée par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Il avait également fait savoir qu’il souhaitait pouvoir transmettre le pouvoir à Adama Barrow.
Autre condition de Yahya Jammeh : avoir des garanties de sécurité pour lui, mais aussi pour son entourage, composé des cadres et des fonctionnaires qui l’ont accompagné, mais aussi de ses soldats et de ses hommes qui lui sont fidèles, constituant en quelque sorte sa garde personnelle. D’après des sources onusiennes, l’un des enjeux des discussions ces dernières heures était de trouver des mécanismes qui permettraient à ces hommes d’éviter de subir les foudres éventuelles d’une vendetta organisée au sein de l’armée avec le changement de régime qui se profile.
Ainsi, il existe une très forte pression de la part de soldats sur Yahya Jammeh pour qu’il obtienne des garanties de sécurité pour ses hommes. Après il y a aussi les garanties de sécurité peut-être personnelles pour l’ex-président. Sera-t-il ou non l’objet de poursuites internationales ? Ce sont des choses qui ont été discutées à Banjul. Et il a dû obtenir les assurances qu’il recherchait.
Où Yahya Jammeh va-t-il s’exiler ? Sur ce point, plusieurs pistes : la Mauritanie, le Maroc, peut-être dans un premier temps la Guinée puisque le président Alpha Condé a passé la nuit à Banjul. Ou encore l’Arabie saoudite qui semble-t-il avait envoyé des signaux, invitant Yahya Jammeh à se rendre sur son territoire.

Lamine Sow avec AFP et RFI

 

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