Guerre au Moyen-Orient : l'essentiel du plan de paix proposé par Donald Trump, après un mois de conflit avec l'Iran

25 - Mars - 2026

La guerre au Moyen-Orient se trouve-t-elle à un tournant ? Lundi 23 mars, Donald Trump a affirmé avoir ouvert des "négociations" avec "un haut dirigeant" iranien non identifié, tout en suspendant pour cinq jours des frappes visant des infrastructures stratégiques de la République islamique. Selon plusieurs médias américains et israéliens, Washington a déjà transmis des propositions à Téhéran. Malgré les démentis fermes du régime iranien, le président des Etats-Unis maintient que des discussions se tiennent bel et bien "en ce moment".

Un plan transmis par le Pakistan à l'Iran
Les Etats-Unis ont fait passer à l'Iran un plan de paix en 15 points(Nouvelle fenêtre) pour tenter de mettre fin au conflit, rapportent plusieurs médias, dont The New York Times(Nouvelle fenêtre) et Times of Israel(Nouvelle fenêtre). Le quotidien américain affirme que le détail de ce plan n'a pas été dévoilé mais que "des responsables anonymes en ont partagé les grandes lignes", précisant qu'il concerne notamment le programme nucléaire. "Les Etats-Unis considèrent ce plan comme une base de négociations et souhaitent que l'Iran en discute lors d'une réunion en personne au Pakistan ce jeudi 26 mars", précise le média américain Axios(Nouvelle fenêtre).

Ce plan en quinze points a été transmis à Téhéran par l'intermédiaire de médiateurs pakistanais, ont affirmé deux hauts responsables à l'AFP. Le Pakistan est présenté comme un possible médiateur, compte tenu de ses liens de longue date à la fois avec l'Iran voisin et avec les Etats-Unis. Le pays s'était publiquement dit prêt à accueillir des négociations et le Premier ministre Shehbaz Sharif avait affirmé sur X(Nouvelle fenêtre) être "honoré de faciliter des pourparlers constructifs".

D'après Axios, c'est le maréchal Asim Munir, le chef des armées pakistanaises, qui a proposé d'accueillir ces négociations à Islamabad. "Il entretiendrait des liens étroits avec les Gardiens de la révolution iranien", ajoute The New York Times. L'Egypte et la Turquie poussent aussi Téhéran vers le dialogue.

Le nucléaire au cœur des revendications
Les Etats-Unis exigent notamment le démantèlement des sites nucléaires de Natanz, Fordow et Ispahan, l'expulsion des stocks d'uranium sous contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et l'arrêt total d'enrichissement sur le sol iranien. Concernant les missiles balistiques, le gouvernement américain souhaite la destruction des lanceurs de missiles et des usines de productions. Le plan prévoit aussi que l'Iran mette fin au financement des "proxys", ces groupes armés non étatiques agissant pour le compte d'un Etat dans la région, comme le Hezbollah, le Hamas ou encore les Houthis.

Le gouvernement américain réclame également la réouverture du très stratégique détroit d'Ormuz, bloqué par Téhéran depuis le début du conflit le 28 février dernier, ce qui perturbe l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel et provoque une flambée des prix. Mardi 24 mars, l'Iran a affirmé que des "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

En contrepartie, l'administration de Donald Trump compte lever des sanctions internationales contre l'Iran et apporter leur soutien au programme nucléaire civil dans la ville de Bouchehr. Le quotidien Times of Israel note que les 15 conditions couvrent "tous les objectifs de guerre" des Etats-Unis et d'Israël.

Des informations fermement démenties par Téhéran
Le président américain s'est montré optimiste mardi sur les chances de parvenir à un accord avec l'Iran. "Nous sommes en négociations" et l'Iran a offert aux Etats-Unis "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, "l'équivalent de beaucoup d'argent", a déclaré le président américain sans donner davantage de précisions. Washington n'a pas précisé si Israël était impliqué dans les discussions.

Téhéran a catégoriquement démenti ces informations. "De hauts responsables iraniens peinent à communiquer en interne et craignent des représailles israéliennes en cas de rencontre", écrit The New York Times. Les médias d'Etat iraniens nient tout dialogue avec les Etats-Unis. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, présenté par Axios comme l'interlocuteur de Washington, a évoqué "de fausses informations" utilisées "pour manipuler les marchés financiers et pétroliers".

Mercredi 25 mars, l'ambassadeur iranien au Pakistan a assuré qu'aucune négociation ne s'était tenue entre les Etats-Unis et l'Iran. La diplomatie iranienne a seulement reconnu avoir reçu, via des "pays amis", des "messages transmettant une demande américaine de négociations".

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