L'AUDACE DE LA BETISE POLITIQUE DES PASSANTS-REPASSANTS DE PASTEF-FRANCE
Parfois, il est légitime de se poser la question : pourquoi s’engager en politique ? En vaut-il vraiment la peine ? Pourquoi se battre dans ces combats politiques ? Ces interrogations prennent tout leur sens face à la situation actuelle de la formation politique Pastef-France, qui traverse des remous susceptibles de lui être préjudiciables électoralement. Dans un contexte où Sonko et Diomaye semblent vouloir se partager le pouvoir au sein de Pastef, certains acteurs, notamment Aliou Sall, tentent de sanctionner les insoumis du parti en France. Cette attitude relève d’une bêtise politique manifeste.
Le Sénégalais de l’extérieur, particulièrement celui de France, s’éloigne de la politique moutonnière. Il travaille, vit et copie un modèle politique indépendant, insoumis à un homme, fut-il Aliou Sall. C’est pourquoi les dirigeants de Pastef-France, notamment Aliou Sall, ancien ministre des Télécommunications, et sa bande, commettent une erreur stratégique majeure. Ceux qu’ils cherchent à éliminer, parce qu’ils représentent une menace pour eux, sont ceux qui continuellement se sont battus corps et âme pour faire parvenir Ousmane Sonko et Diomaye au pouvoir. Désormais, ils deviennent la cible des « chassés du gouvernement Sonko ».
Aucun péché politique ne peut leur être imputé, si ce n’est leur refus de l’immobilisme politique. Ils revendiquent une démocratie interne, des pratiques démocratiques conformes aux convictions et valeurs originelles de Pastef. Cela se traduit principalement par une rotation des hommes et des idées. Or, de Dakar, Aliou Sall, en tant que ministre, ne pouvait pas animer Pastef-France. La preuve en est son limogeage suite à la crise autour de Sonko, mais il revient aujourd’hui comme si de rien n’était, gestionnaire de fait d’un parti dont une partie récuse ses pratiques royalistes dans la gestion de Pastef-France.
Ce feuilleton politique pastefien risque de changer la donne. Le pouvoir, qui a intoxiqué certains acteurs, les a rendus fous, poussés par une soif de grandeur démesurée et une condescendance qui indispose plus d’un. Pourtant, dans un passé récent, la posture patriotique et sincère animait le mouvement, la rupture était une réalité claire. Au bout de deux ans au pouvoir, cette métamorphose est devenue légendaire : les hommes qui vendaient un modèle d’exemplarité citoyenne s’arrogent désormais le rôle de censeurs. Ils n’ont que faire de la courtoisie et de la camaraderie qui sous-tendaient autrefois leur engagement.
Malheureusement, la dégringolade provoquée par le limogeage de Sonko n’a pas agi comme une piqûre de rappel, mais a plutôt renforcé l’audace de la bêtise politique. Les passants-repassants de Pastef-France se réinvestissent selon leurs intérêts, piétinant d’honorables hommes et femmes qui ont déployé tous leurs moyens, financiers et temporels, pour réaliser une autre alternance politique, parfois dans la douleur.
KMNGN