La mise en garde de Nkrumah Sané à Ellen Johnson Sirleaf : si la CEDEAO désigne le Sénégal pour intervenir en Gambie, « elle aura lourdement aggravé la crise »

27 - Décembre - 2016

«Le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) attire votre attention avertie sur l'intervention militaire en Gambie pour régler le problème électoral dans [ce] pays souverain (…) Si la CEDEAO doit le faire, elle doit le faire sans armée», lit-on dans une lettre « ouverte » de Mamadou Nkrumah Sané, secrétaire général autoproclamé du MFDC, adressée à Ellen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de la CEDEAO.
L’armée sénégalaise sera à la tête des troupes si l’institution régionale décide d'intervenir en Gambie, a récemment révélé le président de la commission de la CEDEAO, le Burkinabé Marcel Alain de Souza, lors d’une visite dans la capitale malienne.
« La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)) est prête à faire usage de la force si Yaya Jammeh ne quitte pas le pouvoir le 19 janvier. En cas d’intervention militaire en Gambie, le Sénégal dirigera les opérations » a déclaré le président de la commission de la CEDEAO », avait-il dit.
Mais pour M. Sané, si la CEDEAO devait intervenir en Gambie, elle devrait le faire « avec une force neutre. Le Sénégal, estime-t-il, va en Gambie pour régler son problème avec le MFDC », un mouvement qui réclame l’indépendance de la Casamance depuis plus de trois décennies maintenant.
Mamadou Nkrumah Sané prévient que le MFDC « ne restera pas inerte si jamais la CEDEAO [est] amenée à intervenir dans ce pays, la Gambie, avec l'armée Sénégalaise. Le MFDC vous rappelle l'intervention sénégalaise en Guinée-Bissau en 1998 », ajoute-t-il.
Mamadou Nkrumah Sané souligne aussi que le mouvement qui demande l’indépendance de la Casamance « souhaite que l'option de l'intervention militaire de la CEDEAO pour régler la crise électorale gambienne soit abandonnée à tout prix au profit de la solution pacifique. Il ajoute : C'est cette seule voie de la recherche pacifique et de dialogue qui fera grandir la CEDEAO et cette voie que le MFDC appelle de tous ses vœux pour trouver une solution moins coûteuse à la crise gambienne ».
« Mais si la CEDEAO désigne le Sénégal pour mener cette intervention, elle n'aurait rien réglé et au contraire elle aura lourdement aggravé la crise avec des conséquences incalculables », fait-il savoir.

Moussa Camara (infos15.com)

 

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