LA MORT DU PECHEUR DE GUET NDAR ET LES ARRAISONNEMENTS REGULIERS DES PIROGUES DES SENEGALAIS PAR LES GARDES COTIERS MAURITANIENS NE SONT-ILS PAS LE FRUIT DE NOS MAUVAISES POLITIQUES DE PECHE ?

31 - Janvier - 2018

Nous adressons tout d’abord nos condoléances à la famille du pêcheur tué par les gardes côtes mauritaniens, nos pensées à tous ceux qui sont encore détenus par la police mauritanienne. Nous exhortons les autorités sénégalaises à prendre toutes les mesures nécessaires afin qu’aucun autre pêcheur ne puisse perde sa vie en faisant son travail. Il est temps de faire des négociations sérieuses avec la République sœur de Mauritanie afin que l’activité de nos pêcheurs puisse continuer dans cette zone en respectant les lois des deux pays et garantissant la sécurité de tous. Je comprends la peine des jeunes de Guet Ndar, mais je lance un appel au calme à tous car entre nos deux pays il ne saurait y avoir des confrontations qui pourraient nous causer mutuellement du tort comme celles de 1986 qui continuent encore à hanter nos consciences.

L'établissement des zones économiques exclusives (ZEE) à la fin des années 1970 modifie les conditions d'accès des navires de pêche lointaine aux eaux désormais sous la juridiction des États littoraux. Ainsi depuis les côtes sénégalaises jusqu’à 12 milles, la souveraineté de notre pays s’exerce pleinement, d’après la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Cet espace devrait permettre à notre pêche nationale de se développer mais, souvent notre Etat le brade aux pays développés.

La politique de gestion de nos ressources halieutiques est caractérisée par un manque de transparence tant sur les aspects financiers que halieutiques. Depuis les années 70 lorsque les zones économiques exclusives (ZEE), ont consacré des zones de juridiction aux Etats côtiers, le Sénégal a signé énormément d’accords de pêche avec des pays lointains dont l’Union Européenne. Le but des ces accords était de doter le Sénégal d’un apport budgétaire substantiel favorisant le développement économique et social, mais au final ces accords ont détruits les capacités de la pêche nationale. La pêche occupe une place importante dans l’économie du Sénégal. Elle fait travailler des millions de Sénégalais, contribue à la création de richesses du pays et nourrit toutes les populations vu que notre cuisine est principalement à base des produits de la mer.

En lieu et place de la promotion d’une pêche nationale et durable, le Sénégal privilégie les accords internationaux pour une raison budgétaire et aucune mesure d’accompagnement efficace n’est mise en place pour soutenir tous les acteurs de la filière. De nombreux accords de pêches signés avec des pays lointains, et des licences de pêches octroyées à des armateurs internationaux ont engendré des pertes substantielles pour le Sénégal en raison d’un manque de patriotisme de certains de nos négociateurs corrompus qui préfèrent leurs rétrocommissions à la défense des intérêts du Sénégal. Tout le monde se souvient des fameuses licences de pêche accordées à Taïwan et des responsables de ce deal sont toujours au cœur des affaires de la République.
Depuis nos indépendances, nous sommes incapables de doter notre pays d’une flotte de pêche industrielle digne de ce nom. Le Sénégal un pays de pêche avec presque 500 km de côte sur la façade atlantique, l’une des mers les plus poissonneuses au monde, est obligé maintenant de quémander chez ses voisins des quota de pêche pour permettre à ces artisans-pêcheurs d’avoir quelque tonnes de poissions par année. Le Sénégal a conclu plusieurs accords de pêche bilatéraux avec la Mauritanie, la Gambie, le Cap-Vert et la Guinée Bissau. Des pourparlers sont en cours avec la Guinée Conakry et la Sierra Leone.
Nous à Un Autre Avenir, nous pensons impératif la renégociation de tous les accords de pêche signés avec les pays lointains et les armateurs internationaux et en suite, il faut privilégier notre pêche nationale au lieu de vendre notre mer pour combler des budgets en enrichissant au passage des négociateurs corrompus.


Ibrahima Wade, secrétaire général Un Autre Avenir

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

18 - Juillet - 2026

Revue de presse: les journaux du week-end s’attardent sur la visite éclair de Macky Sall à Dakar

Les publications du week-end reçues à l’APS ont traité en priorité le bref séjour de l’ancien président de la République du...

18 - Juillet - 2026

Macky Sall “a informé de vive voix” le président Faye de sa candidature au poste de SG des Nations-Unies (officiel)

Le président Bassirou Diomaye Faye a reçu, vendredi dans l’après-midi, au palais de la République, son prédécesseur, Macky Sall, venu ”...

18 - Juillet - 2026

Bassirou Diomaye Faye a quitté Dakar à destination de Freetown, hôte d’un sommet de la CEDEAO (officiel)

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar samedi à destination de Freetown, la capitale de la Sierra Leone, qui abrite durant le week-end la...

18 - Juillet - 2026

MACKY SALL A DAKAR : ENTRE AMBITION ET RECONCILIATION

Après plus de deux ans d'absence, Macky Sall a retrouvé hier vendredi 17 juillet 2026, le sol sénégalais pour une visite aussi brève que lourde de symboles....

18 - Juillet - 2026

L’AMALGAME COMME STRATEGIE : LE DERAPAGE DE TROP DE SONKO

À défaut de convaincre par le bilan, Ousmane Sonko semble désormais miser sur la provocation. Ses déclarations, perçues comme visant Touba et la...