LE CONGRÉS DE L’INDÉCENCE (PAR BEN YAHYA SY)

12 - Juin - 2026

Un mois après l’audition de l’ancien Président du Sénégal, SEM Macky Sall, Ousmane Sonko a été limogé de son poste de Premier ministre par Bassirou Diomaye Faye, Président de la république suite à une énième sortie désobligeante à l’endroit de l’Institution. Un forcing sera initié par son camp afin de le réintégrer et de le porter au perchoir créant ainsi un cas sans précédent dans l’histoire politique du Sénégal.
Pendant la moitié du mandat passé à la Primature, il a été dans ce qu’il sait faire le mieux ; le bavardage permanent et les querelles de bornes fontaines et de manière permanente. La liste suivante contredit ses propos du week-end dernier quand il disait qu’il n’avait pas le temps de faire de la politique à son poste : 16 mai 2024 : meeting avec Mélenchon UCAD - 9 juin 2024 : Esplanade Grand Théâtre - 20 août 2024 : Live sur Facebook - 16 octobre 2024 : Live Facebook - 19 octobre 2024 : Dakar Arena - 12 novembre 2024 : Live Facebook - 05 janvier 2025 : Live Facebook - 01 juillet 2015 : Live Facebook (Effet Rabat d'arrêt) - 10 juillet 2025 : Comité Exécutif Pastef (manque d’autorité « Qu'on me laisse gouverner ») - 13 septembre 2025 : Meeting de Milan en Italie - 25 octobre 2025 : Live pour Tera meeting - 07 novembre 2025 : Live avant Tera meeting - 08 novembre 2025 : Tera meeting au parking du Stade LSS - 07 décembre 2025 : journée « martyrs » au Grand Théâtre - 07-08 février 2026 : meeting à Guinguinéo - 28 Mars 2028 : Tournée politique à Fissel - Mars 2026 : Waxtaan ak PROS : un rendez-vous avec les militants sur ses différentes plateformes.
Cela fait 17 activités politiques en 24 mois contrairement aux propos tenus.
Ousmane a de sérieux problèmes avec la vérité tandis que Sonko prend les militants et sympathisants du Pastef pour des guignols tout simplement.
Au lieu de s’expliquer sur la situation économique morose, la dégradation de la note du Sénégal, les difficultés avec le Fmi, une absence d’un référentiel des politiques publiques clair, net et précis, l’année académique mal gérée et le problème des bourses entre autres.

Occuper le poste de PAN et organiser un congrès pour être candidat en 2029 suivi d’un rassemblement, nous amène à nous demander pourquoi autant de précipitation si on est dans la légalité ? Cherche- t-on l’affrontement institutionnel, la confrontation populaire ou la sécurité statutaire pour échapper à d’éventuelles poursuites ? Faire un putsch constitutionnel qui pose un problème d’éthique ne le gêne nullement ? L’individu et le parti se placent au-dessus des Institutions et du pays ?
Il ne peut pas s’en laver les mains aussi facilement du bilan de Bassirou Diomaye Faye car les Sénégalais attendent les résultats du PRES lancé en août 2025, la baisse du taux de chômage, le rapport sur la dette cachée, la publication des bulletins statistiques de la dette, les fonds vautours, la dégradation de la note souveraine du Sénégal, la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, les fonds politiques de la Primature cachés aux Sénégalais, les 37 milliards de l’ASER, etc.

Cependant, il va avec la majorité mécanique du parlement qui de manière toxique est à son service, prétendre valoriser « le peuple pur », dénoncer un « régime sortant corrompu » et incarner la « volonté générale du peuple ».
En réalité Sonko est un égoïste doublé d’un manipulateur. Egoïste dans le sens où il ne pense qu’à ses intérêts personnels quitte à envoyer les enfants d’autrui à l’abattoir comme en 2021 afin de ne pas répondre à une convocation de la Justice dans le dossier Adji Sarr. Et depuis son intrusion par effraction dans l’arène politique, il ne parle jamais du Sénégal, mais de Ousmane, encore de Sonko et toujours de Ousmane Sonko. Il est également manipulateur car faisant semblant d’être empathique, étant dans les contrevérités et déformation, obnubilé par lui-même, utilisant le silence comme punition, prenant jamais ses responsabilités, attirant les personnes vulnérables et un passif- agressif dans le besoin constant de contrôle et répétant les mêmes schémas.

L’indécence de ce congrès s’explique aisément à partir de son bilan quasi nul à la Primature et cette course effrénée à l’échalote. Une guerre de succession au détriment des urgences avec un ex pm avec un appareil politique partisan et parlementaire composé de thuriféraires qui donnent l’impression d’être plus dans une secte que dans un parti politique. Une compétition politique sur la durée avec une faible capacité à conduire les « réformes attendues ». La souveraineté tant chantée, passe par la mystique du travail alors que lui-même ne sait pas travailler.

La donne a changé pour lui-même et pour le Pastef car l’horizon 2050 tant espéré, s’est assombri pour ne pas dire s’est fortement obstrué. Le Sénégal ne date pas de mars 2024, mais bien avant et nous survivra tous. Mais encore une fois ce congrès était indécent vu que l’auto-évaluation devrait être la première phase à poser avant toute chose. D’où l’importance de méditer cette phrase de Madiba Nelson Mandela : « Après avoir gravi une colline, tout ce qu’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir. »

Ben Yahya SY
sybenyahya@hotmail.com

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