Le président de la République : une institution à protéger !
Au lendemain des élections législatives le climat sociopolitique est sérieusement stupéfiant. Une fébrilité manifeste s’est emparée du pays. Les langues se mordent, les nerfs sont à vif, le verbe ordurier fleurit la toile. C’est à peine croire que la putréfaction verbale ne heurte plus les esprits.
Chacun y va de son commentaire baveux aux injures les plus inacceptables. Maintenant avec les réseaux sociaux l’effet multiplicateur est accentué. Si une certaine opinion semble complaisante envers ce fracas méli-mélo, les élites préfèrent le silence coupable, se réfugiant de fait derrière le procureur réacteur.
Le Sénégal n’est pas un bac à sable où le crachat devient un défouloir et plus est sur son chef. MACKY SALL est le président de République élu par le peuple qui l’a librement choisi. A ce titre il mérite que tous les Sénégalais, quel que soit leur chapelle politique, lui défère le respect qui lui est dû. Malheureusement, l’occasion fait le larron eu égard au scrutin du 30 juillet pour que n’importe quel gugus s’arroge le droit de vomir sur le Président. Rien ne justifie les quolibets et les ignominies déversés sur sa personne par des gens tapis dans l’ombre du Net, ni les insupportables abjections proférées par des illuminés, telle que PENDA BA pour nous dresser les uns contre les autres.
N’empêche que MACKY SALL n’est pas un monarque, il doit être combattu politiquement par les Sénégalais s’ils estiment qu’il n’est pas à la hauteur des enjeux. En démocratie les contestations pacifiques les plus acharnées sont mêmes parfois souhaitables, démonstratives justement d’une certaine vitalité politique. Inversement la démocratie ne s’honore guère d’injures et de toutes autres formes de grossièretés.
Par rapport à d’autres nations, nous aimons nous singulariser en des termes : « Sénégalais da cilwissé » . Prouvons le par nos attitudes : Affaire bi dou ay wakhi kessé, ay dieuf là. Cela vaut également pour les responsables politiques qui se manifestent plus par des invectives, le larbinisme et autres douteuses postures que par des idées et des projets. Le devoir d’exemplarité doit provenir de la part de tous les fils et filles de ce pays.
Nul palabre sur le quotidien politicien, il s’agit d’une question de cohésion nationale, de respect des institutions, d’amour de la patrie. Le Sénégal est une nation, une et indivisible où le tribalisme, l’ethnocentrisme, le fanatisme sont bannis, où le cousinage culturel encouragé, le dialogue inter-religieux prôné, le métissage promu
« Sénégal, nous faisons nôtre ton grand dessein :
Rassembler les poussins à l'abri des milans
Pour en faire, de l'est à l'ouest, du nord au sud,
Dressé, un même peuple, un peuple sans couture
Mais un peuple tourné vers tous les vents du monde (Léopold Sédar Senghor) ».
Cheikhou BALDE