«LE PROBLÈME DE LA SIGNATURE RESTE ENTIER»

19 - Juillet - 2018

L’introduction d’un discriminant sur la fiche de collecte des parrains des candidats à la prochaine présidentielle ne règle aucunement le problème de l’authentification des signatures des soutiens. De l’avis du député du Pur.

Les nouvelles dispositions envisagées dans la mise en œuvre du système de parrainage des candidats à la prochaine présidentielle, dont l’introduction d’un discriminant pour l’authentification des électeurs parrains, ne font que réconforter la position toujours défendue par le député non-inscrit du Parti pour l’unité et le rassemblement (Pur). C’est du moins ce qu’en pense le député lui-même, El Hadj Issa Sall qui a joint la Rédaction de Sud Quotidien hier, mercredi 18 juillet, pour persister et signer sur sa position initiale. A son avis, ce verrou prévu prouve «qu’ils ne peuvent pas vérifier la signature alors que c’est la signature qu’on doit vérifier». Ce qui serait contraire alors aux dispositions de loi qui stipule, confie-t-il, à l’alinéa 4 de l’article 29, que «pour être recevable, toute candidature doit être accompagnée de la signature d’électeurs représentants, au minimum, 0,8% et, au maximum, 1% du fichier électoral général». Donc, il estime que l’élément clé dans la Constitution reste la signature et non un autre élément. Ce qui montre à satiété, pour lui, que «le problème de la signature reste entier» et qu’il reste impossible d’être à mesure de la vérifier par le Conseil constitutionnel. Quid alors du discriminant introduit comme verrou contre les candidats qui voudront utiliser le fichier électoral pour constituer des listes de parrains sans l’aval des électeurs ?

Pour le Coordonnateur du Pur, c’est face à l’impossibilité de procéder à la l’authentification des signatures des parrains que le régime cherche ce palliatif. Concernant ce verrou, il reste persuadé qu’il ne peut être que le code de contrôle qui se trouve sur la carte biométrique. Donc, «il n’y a rien de secret», informe-t-il. Par rapport à la crainte de fraude de certains candidats sur la base du fichier en leur possession, il trouvera «qu’il n’y a aucune raison qu’un candidat n’aille pas voir son parrain pour lui demander son autorisation et recueillir les informations qui se trouvent sur la carte». Cela, d’autant plus, poursuit-il, «même le numéro de la carte d’électeur ne figure pas sur le fichier. En tout cas, nous nous ne l’avons pas. Peut être qu’ils l’ont au niveau de la Daf». Concernant, par ailleurs, la sortie du ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, soutenant qu’il a des opposants qui ont commencé à collecter des signatures de parrains, le Professeur El Hadj Issa Sall dira qu’il est tout à fait normal que les gens commencent à trouver des parrains et qu’ils n’attendent pas l’arrêté ministériel.

A son avis, le travail qui est fait présentement consiste à demander la copie de la Carte biométrique du parrain pour confronter ses données avec celles qui se trouvent sur le fichier à leur disposition. Par contre, il rejette l’accusation selon laquelle les adversaires du régime recueillent des signatures de parrain. Pour lui, «personne ne recueille des signatures» car, «on ne peut pas apposer une signature sans avoir ce document qui doit sortir par arrêté».

sud quotidien 

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