Mais quelle mouche a pu bien piquer le député Mamadou Sadio Diallo pour se livrer à une telle entreprise de factums, de diatribes, de critiques et d’accusations ? (Son excellence Cheickh Sadibou Diallo)
L’administrateur de la DSE APR France demeure interdit devant la réaction impétueuse du député Mamadou Sadio DIALLO, pour n’avoir pas été investi sur les listes que le Président a opérées pour les législatives du 30 juillet.
« L’homme porte avec lui la mémoire et la raison, comme la flamme porte avec elle la chaleur et la clarté. Il n’est rien de pire que de payer d’ingratitude un homme qui, par sa munificence, nous a comblés de fraternités. (Victor Cousin)
La magnitude publique sénégalaise est extériorisée par des oscillations d’humeur générées, par l’annonce des listes de candidats choisis pour la compétition républicaine électorale des législatives du 30 juillet prochain. Ce bouillonnement démontre l’amplitude des participations et la solennité de cette consultation dans la vie politique. C’est presque toujours au sein d’une civilisation avancée que l’Homme s’abâtardit et se démoralise : avide de bien-être, il passe la moitié de son existence à sortir de soi pour se faire une position dans le monde, et l’autre moitié à s’y enfermer pour en jouir.
Dans l’entretien que notre antique compagnon de lutte, a accordé à «L’As» quotidien le 13 juin, Mamadou Sadio Diallo s’est montré particulièrement acerbe, saumâtre, acrimonieux, désillusionné, comme si être dessaisi de son poste de député à l’Assemblée nationale, était une fin en soi où la fin du monde. Pitonné des listes de BBY, l’on se demande franchement quelle mouche a pu bien piquer le parlementaire de Kanel, pour se livrer à une telle entreprise de factums, de diatribes, de critiques et d’accusations ? Vidant son canonnier, il a eu l’arrogance de dénoncer la gestion de l’Alliance Pour la République et s’est, outrageusement, permis de sommer le Président Macky Sall de démissionner de la tête du parti. Se considérant comme victime d’une purge, il effectue un mélange des genres pour justifier ses invectives, l’orientant à «certains responsables qui veulent saper la relation entre l’homme d’affaires Harouna Dia et le Chef de l’Etat qui, accusent celui-ci de lorgner le fauteuil de Macky Sall».
Comme l’a si pertinemment explicité notre excellent concitoyen, l’enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Afr de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis Moussa Diaw : «L’engagement politique pour l’intérêt général semble se réduire considérablement à partir du moment où l’on se focalise sur la présence éligible ou non sur une liste électorale, au détriment des aspirations qui constituent le soubassement d’une coalition politique. C’est malheureusement la lutte pour détenir une place confortable, en occultant du coup le principe de l’action collective au sein d’une coalition». Notre enseignant-chercheur de préciser cette évidence incontournable : « les réactions des uns et des autres témoignent des ressentiments mal maîtrisés d’acteurs politiques qui délivrent un pan de leur passion politique, illustrant, dans le même temps, la conception ou le sens de l’action politique dans cette société particulière. Cette manifestation des frustrations, découlant d’une sélection forcément teintée de subjectivité, est emblématique de l’attachement viscéral à une fonction politique, qui procure des avantages matériels et immatériels ». Selon notre enseignant chercheur précité, on retombe dans la politique de survie, eu égard aux retombées de la fonction de député : voiture, salaire conséquent, carburant, notoriété avec possibilité d’entretenir une clientèle ».
Compte tenu de la situation politique et du climat délétère qui sévit dans le pays, après les polémiques intervenues sur les investitures, les passions doivent être dépassées, pour s’inscrire dans une logique de responsabilité. Il eut fallu, au lieu d’épancher son immense amertume, poussant son désenchantement jusqu’à lancer à travers la presse « un appel à tous les membres de l’Apr pour une réflexion sur le management du parti. Il faut structurer le pari. Depuis sa création, nous savons tous que l’Apr n’est pas bien gérée. Je demande au Président Sall de démissionner de la tête du parti. Je le dis, en tant que responsable qui s’est beaucoup sacrifié comme tant d’autres. Le parti est très mal géré », a-t-il martelé. Poursuivant ses diatribes, il déclare «qu’il faut revoir la gestion du parti pendant qu’il est encore temps. Que le Président Sall ne pense pas avoir plus de droit sur le parti que nous autres. On lui a fait l’honneur de lui confier la direction du parti. Mais qu’il ne se prenne pas pour un roi, parce que l’Apr est notre bien commun. Néanmoins que Macky Sall ne pense pas qu’on lui doit quelque chose. Non ! Au contraire, c’est lui qui nous doit » soutient, avec désappointement, le parlementaire de Kanel Mamadou Sadio Diallo.
Pour clore ma réflexion, j’aurais - si j’avais été consulté - suggéré à notre vaillant compagnon, quelle qu’ait été le degré de contrariété de son amertume profonde, avant de s’épancher dans les médias et se livrer à tant de critiques et d’invectives fort regrettables de solliciter, en tant que responsable, une audience auprès du Président de la coalition de BBY. Morale de l’histoire ! L’honorable député de Kanel a tout bonnement «pété les plombs» : n’avoir pas été investi pour continuer à siéger dans la législature prochaine, lui a été très insupportable ; d’où l’acte d’indiscipline caractérisée qu’il a délibérément commise.
Son Excellence Monsieur Cheickh Sadibou DIALLO