Me KABA LISTE LES MOTIFS DE SATISFACTIONS DIPLOMATIQUES DU SENEGAL
Le Sénégal a dressé, hier, le bilan de ses deux années passées au Conseil de sécurité de l’Onu. L’ambassadeur Fodé Seck qui revenait en détails sur les initiatives prises par notre pays a laissé entrevoir que l’inscription de l’agenda «eau, paix et sécurité» a été la plus grande satisfaction du passage du Sénégal dans cet organe de maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Le Sénégal n’a pas fait de la figuration au sein du conseil de sécurité. Mieux, pour l’ambassadeur Fodé Seck, notre pays a apporté un plus à cet organe exécutif de l’organisation des nations unies en étant initiateur de l’agenda « Eau, Paix et Sécurité » à l’effet de répondre aux menaces sécuritaires résultant des difficultés d’accès aux ressources en eau. Le Représentant permanent du Sénégal auprès des Nations Unies, Fodé Seck de dire qu’aujourd’hui, le Sénégal est retenu comme le pays qui a réussi pour la première fois à faire inscrire dans l’agenda du conseil de sécurité une question qui n’y figure pas. C’est pourquoi, a-t-il souligné, il a fallu une bonne diplomatie fondée sur ce que le Sénégal et ses voisins ont fait avec le bassin du fleuve Sénégal et le bassin du fleuve Gambie en instaurant des institutions comme l’Omvs et l’Omvg.
Ainsi, précise-t-il, on a pu ressortir que des pays qui coopèrent autour de l’eau ou d’un bassin commun ne se font jamais la guerre pour une raison ou une autre. Selon lui, cette question est tellement important que des pays actuellement membre du conseil de sécurité ont approché le Sénégal pour voir comment lui trouver une suite. M. Seck de dire : « Malgré le fait que le Sénégal ne soit plus membre du Conseil de sécurité, il n’empêche, on va voir comment faire pour la mise en oeuvre et le développement de cette initiative. Nous avons voulu passer à une vitesse supérieure pour établir une résolution sur cette problématique importante ; mais nous avons finalement dit qu’il serait mieux de laisser aux membres actuels du Conseil de sécurité et ceux qui nous ont succédé le faire ».
Faisant toujours le bilan du passage du Sénégal au conseil de sécurité, il a été relevé par ailleurs que notre pays a été au coeur de l’adoption de la résolution 2320 (2016) du 18 novembre 2016. Il s’agit ainsi du financement durable et prévisible des opérations de soutien à la paix de l'UA autorisées par le Conseil de Sécurité de l'ONU. Ainsi, l’Union africaine va financer 25 % du coût total de ses initiatives en matière de paix et de sécurité, y compris les opérations de soutien à la paix, en contrepartie d'un accompagnement notamment des Nations Unies pour les 75% restant.
En outre, M. Seck a déclaré que le Sénégal a contribué au conseil de sécurité en tant que «penholder» (porte-plume) sur certaines questions d’ordre sous-régional.
D’ailleurs, il renseigne que le Sénégal pour une charge aussi prisée a été le seul membre nonpermanent à l’avoir assumée au moins sur trois questions inscrites à l’ordre du jour du Conseil, à savoir, la Guinée Bissau, le Bureau Régional des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel(Unowas), ainsi que pour la situation en Gambie. Et concernant spécifiquement la crise institutionnelle en Guinée Bissau, il informe que le Sénégal a fait adopter par le Conseil de sécurité deux (2) résolutions, une Déclaration présidentielle et quatre (4) déclarations à la presse. Il poursuit en soutenant que le même approche préventive a été adoptée lors de l’introduction de la question gambienne dans l’agenda du Conseil de sécurité à la faveur de la crise électorale qui a frappé ce pays frère entre décembre 2016 et janvier 2017. Non sans indiquer que cette question a fait l’objet d’une déclaration à la presse, de la déclaration présidentielle et de la résolution 2337 du 19 janvier 2017 ; lesquelles ont contribué à la mobilisation de la communauté internationale en soutien aux actions entreprises par les leaders de la Cedeao aux fins de faire respecter la volonté du peuple gambien et la reconnaissance de Monsieur Adama Barrow comme président élu de la Gambie.
LE BILAN CHIFFRE DU SENEGAL AU CONSEIL DE SECURITE
A l’issue du vote du 15 Octobre 2015, de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Sénégal a obtenu les voix de 187 Etats sur 191 avant de faire son retour en qualité de membre non-permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour le biennum 2016-2017. Ce, 27 ans après son mandat de 1988-1989 précédé par celui de 1968-1969. En termes de statistiques, l’on notera, au cours de ce 3e mandat, l’adoption par le Conseil de Sécurité de 138 résolutions, 46 déclarations présidentielles, 198 communiqués de presse et 23 notes du Président, à l’issue de 552 séances officielles et 306 consultations privées. Il faut retenir également que le Conseil de sécurité a tenu sous la présidence du Sénégal en Novembre 2016, 24 séances formelles et 15 consultations privées, une quarantaine de rencontres au total, ayant conduit à l’adoption de sept (7) résolutions et de trois (3) déclarations présidentielles.
ME SIDIKI KABA, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES : «La gouvernance mondiale exige que l’Afrique ait sa place au sein du Conseil de sécurité»
« Je pense que la réforme du Conseil de sécurité est très importante. C’est pour réparer une injustice historique parce que l’Afrique n’a pas de siège permanent au conseil de sécurité. Le Sénégal y est entré membre non permanent. Et la plupart des questions qui y sont traitées particulièrement les crises, les conflits et les questions de développement concerne l’Afrique. On ne peut pas donc mettre l’Afrique en dehors de cela. La gouvernance mondiale exige aujourd’hui que la reforme ait lieu pour que l’Afrique ait sa place au sein du conseil de sécurité. »
L'As