Meeting de Fillon : Tirs groupés contre Emmanuel Macron
Une foule dense, qui agite des drapeaux bleu-blanc-rouge et s’époumone aux cris de « Fillon président ! » et « On va gagner ! ». François Fillon a réalisé une démonstration de force dimanche 9 avril, en réunissant plus de 20 000 personnes lors d’un grand meeting à Paris, porte de Versailles. Ce fut aussi l’occasion pour le candidat de la droite de pilonner
Emmanuel Macron, le rival qu’il juge comme le plus « prenable ».
Tout au long de l’après-midi, ce fut un vrai feu d’artifice sur l’ex-ministre de l’économie, brocardé par M. Fillon, l’« imposteur », adepte du « marketing du vide » et « jeune héritier » du hollandisme. Le candidat de droite a certes envoyé quelques piques à Marine Le Pen – « prête à sacrifier notre pays avec sa folle aventure » – et à Jean-Luc Mélenchon – « capitaine du cuirassé Potemkine, mais qui négociera la ferraille du Titanic » –, mais ses charges les plus lourdes ont concerné M. Macron.
Idem pour ses soutiens, qui se sont déchaînés sur lui, en donnant l’impression de s’être lancés dans le concours de la formule la plus percutante. « Macron est comme le Trissotin de Molière, longtemps après qu’il eut parlé, on se demande ce qu’il a dit… », a lancé Bruno Retailleau, suivi par Luc Chatel, Valérie Pécresse ou Eric Ciotti. Mais c’est sans conteste François Baroin qui a eu la dent la plus dure, voyant chez lui « la duplicité et le renoncement, l’hésitation et l’imprécision, l’impréparation et l’improvisation ».
Seule Nathalie Kosciusko-Morizet a attaqué le FN en priorité, en fustigeant « un parti xénophobe et démagogue. » M. Fillon a eu beau sonner la mobilisation des troupes, trois personnalités de premier plan manquaient à l’appel : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Bruno Le Maire. Certes, ils ont tous trois réaffirmé leur soutien au vainqueur de la primaire, ces derniers jours. Mais leur absence ne permet pas de renvoyer l’image d’une droite totalement rassemblée autour de son candidat.
Infos15 avec Lemonde