MIS A L’ECART AU PROFIT DES ALLIES :LES TENORS DE L’APR S’EMMURENT DANS UN SILENCE ASSOURDISSANT
Ce n’est plus le parfait amour entre le boss de l’Alliance pour la république (Apr) et les ténors de la formation marron-beige. Se sentant mis à l’écart au profit des alliés «mieux servis en termes de postes de responsabilité», de nombreuses pontes du parti présidentiel semblent se désengager et s’emmurent dans un silence assourdissant.
Il est reproché au Président Macky Sall de vouloir réinventer la politique en accordant plus de considération à ses alliés de Benno Bokk Yaakaar (Bby) qu’à ses propres compagnons de galère, ses militants de première heure. De nombreux responsables ruminent leur frustration et cachent difficilement le rêve brisé du « Yonnu Yokkuté». Cette situation est exacerbée par l’enthousiasme des «Législatives» du 30 juillet 2017 suivi du remaniement ministériel qui a cédé au découragement.
Ainsi, une sorte de «résistance pacifique» est en train de se produire dans les rangs de la formation marronbeige. Le moral dans les chaussettes, plusieurs leaders apéristes se sont emmurés dans un silence assourdissant. D’après nos sources, c’est un mot d’ordre de rébellion, une sorte d’entente tacite des responsables. Une manière de dire puisque le chef de l’Etat fait plus confiance aux alliés, ces derniers vont sûrement le réélire. Ces frustrés de la formation marron-beige pensent que leur boss est trop généreux envers ses amis de Bby. La preuve, confient-ils, les principaux responsables des structures du parti n’ont pas été retenus dans le gouvernement Dionne 2 qu’ils soient les têtes de file des mouvements de cadres, de jeunes ou de femmes. En plus de cela, toutes les institutions (Assemblée nationale, HCCT, CESE) sont dirigées par des alliés.
Par conséquent, une bonne partie de l’état-major apériste reste convaincue que Macky Sall ne leur fait pas confiance. Ils ne manquent pas de rappeler que le chef de l’Etat tue dans l’oeuf toute velléité d’émergence politique de ses proches collaborateurs. Il en est ainsi de Me Alioune Badara Cissé remercié de la tête du ministère des Affaires Etrangères, puis de son poste de coordonnateur de l’APR ; alors qu’il était en train de prendre des galons dans le parti et marquer l’opinion. Il a été finalement recasé à la Médiature de la République loin de toutes les tractations politiques. C’est le cas également pour Aminata Touré dite Mimi, très puissante ministre de la Justice puis Premier ministre. Avec ses nouvelles fonctions d’envoyée spéciale du Président Macky Sall, elle bénéficie de tous les avantages (salaire, logement de fonction…) à ne rien faire.
Considérée comme l’une des étoiles dans le gotha aperiste, Aminata Touré est en disgrâce. On peut citer également le cas du richissime homme d’affaires Harouna Dia considéré comme le financier de Macky Sall. Lui aussi, il n’est plus dans le giron de Macky Sall. Depuis deux ans, il est tombé en disgrâce. Les aperistes de lait, Thérèse Faye, Mor Ngom, Mbaye Ndiaye, Benoit Sambou vivent aussi la même situation. Dépouillés de tout poste digne de ce nom, ils se font désormais discrets. Pis, même les répondeurs automatiques ne se font plus remarquer ; à l’image d’Abdou Mbow qui n’hésitait pas à monter au créneau lorsque des débats comme celui du troisième mandat étaient agités dans l’espace public. La récente sortie de l’ancien député Abdoulaye Ndiaye n’est que la partie visible de l’ampleur du mécontentement et des problèmes au sein de l’Apr.
L’ancien élu de Grand-Yoff a d’ailleurs reconnu lors d’une interview accordée à «L’As» que l’Apr est un grand malade souffrant de querelles de positionnement, parachutage de responsables, manipulations, délations et autres problèmes de restructuration.
CE SILENCE DES TENORS APERISTES, UN PIEGE CONTRE MACKY SALL EN 2019 !
Les conférences de presse des leaders se font de plus en plus rares. N’eût été les sorties sporadiques de Seydou Gueye et de El Hadji Kassé, le président de la République resterait sans défense dans les débats politiques. Et on sait que ces derniers ne sont pas des foudres de guerre sur le plan politique. Le silence des autres apéristes doit inquiéter le président Macky Sall surtout que les alliés à qui il offre des sucettes sont tous empêtrés dans des contradictions. D’abord, l’Afp de Moustapha Niasse n’est désormais qu’un géant au pied d’argile. Les progressistes sont fortement affectés par les départs de Malick Gakou, Mata Sy Diallo et autres cadres du parti. Au Parti Socialiste, Ousmane Tanor Dieng est en train de chercher une solution à l’épineuse équation « Khalifa et Cie ». Chez les Jallarbistes, la tension ne cesse de monter avec des querelles internes faisant apparaitre une autre faction dans le parti : la LD/debout. Qui pour défendre le chef de l’Etat et son bilan ? En tout cas, une désagrégation des partis alliés suivi d’un désengagement des leaders apéristes peut constituer un sacré piège contre Macky Sall en 2019.
L'AS