Non, ce "Dialogue national" n'est pas un signe de vitalité démocratique! (Par Cheikh Sidou SYLLA)

19 - Novembre - 2016

Le président de la République a convoqué les partis politiques, les organisations de la société civile…pour un "Dialogue national", samedi 28 mai, au Palais présidentiel. Une rencontre qui a permis à l’opposition de dire tout le mal qu’elle pense de l’état de notre démocratie: restriction des libertés individuelles et collectives, mauvaise organisation du référendum, primauté du parti (APR) sur l’Etat, instrumentalisation de la justice dans traque des biens dits mal acquis, la liste n’est évidemment pas exhaustive. A son tour, le camp présidentiel a tressé des lauriers à Macky Sall.
Mais contrairement à ce que disent les thuriféraires du pouvoir, cette rencontre folklorique diffusée en direct par la télévision nationale n’est pas un signe de vitalité démocratique. On peut même s’autoriser à dire que le "Dialogue national" du président Sall, toutes proportions gardées, ressemble aux conférences nationales organisées par certains pays africains dans les années 1990 (Bénin, Zaïre...).Assoiffées de liberté et de démocratie, les populations de ces Etats avaient contraint leurs dirigeants de réunir les différentes composantes de leurs nations respectives pour tenter de trouver des réponses à leurs exigences.
On ne pouvait, à cette époque-là, imager tenir un forum de cette nature au Sénégal d’autant que notre pays était déjà considéré comme une démocratie. Par conséquent, organiser un Dialogue national aux allures de conférence nationale (du moins dans la forme), vingt-six ans après, donne le sentiment que notre démocratie traverse une crise aiguë. Le format de la rencontre du 28 mai peut même laisser penser que la démocratie sénégalaise a tellement régressé que le président Macky Sall était obligé d’organiser un «ndeup» national pour la remettre d’aplomb.
Dans les démocraties avancées, le président de la République consulte les différentes composantes de la nation à chaque fois que le pays fait face à un problème majeur. En France, par exemple, après les attentats meurtriers de Charlie Hebdo en janvier 2015, François Hollande avait appelé au rassemblement et à l’unité des diverses forces politiques. Ainsi, pendant deux jours, il a consulté individuellement tous les représentants des mouvements politiques. Le même scénario a été reconduit après les attentats du 13 novembre dernier à Paris et à Saint- Denis. C’est cela la norme !
Cheikh Sidou SYLLA

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

19 - Décembre - 2025

Waly Diouf Bodiang alerte : «ils s’organisent pour perturber la visite du Président à Ziguinchor''

La tournée économique du Président Bassirou Diomaye Faye devrait démarrer demain samedi dans le sud du pays. Mais déjà, Waly Diouf Bodiang, cacique de...

17 - Décembre - 2025

Présidence de la République : « Demain, ça sera peut-être Ousmane Sonko. Je prie pour cela» (Diomaye Faye)

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a déclaré au soir du mardi 16 décembre 2025 « prier » pour que le Premier ministre, Ousmane...

17 - Décembre - 2025

Cinq millions d’euros saisis au Portugal : la piste Embaló se précise après l’arrestation de son épouse

L’épouse de l’ancien président de la Guinée-Bissau, Dinísia Reis Embaló, a été formellement inculpée au Portugal à la...

17 - Décembre - 2025

POUVOIRS RENFORCES POUR QUEL RESULTAT ? (PAR BAYE ASSANE FALL)

L’annonce de l’élargissement des prérogatives du Premier ministre aurait pu marquer un tournant. Sur le papier, elle suggérait une volonté de...

16 - Décembre - 2025

PASTEF : Ousmane Sonko fixe de nouvelles orientations stratégiques

Le président de PASTEF – Les Patriotes, Ousmane Sonko, a signé, ce 15 décembre 2025, l’Instruction n°01/PASTEF/PR/2025, appelant l’ensemble des...