Parfum de scandale financier à la Banque agricole : Des financements à hauteur de 17 milliards de F CFA, alloués dans l'opacité totale à des sociétés couvertes par l’État

21 - Mai - 2025

L’affaire suscite l’attention des auditeurs de la Cour des comptes. Dans le référé qu’ils ont adressé au ministère de la Justice en vue d’éventuelles suites pénales relatives aux conclusions de leurs enquêtes sur la gestion des finances publiques entre 2019 et mars 2024, ils pointent des conventions de substitution de débiteurs pour un total de 17 milliards 495 millions 473 mille 426 francs CFA.

D’après L’Observateur, qui donne l’information dans son édition de ce mercredi 21 mai, celles-ci ont été conclues le 20 novembre 2023 entre l’État et La Banque agricole. Objectif déclaré : «accompagner les institutions financières pour qu’elles puissent subvenir à leurs besoins en fonds propres, les préserver des sanctions prévues par la législation bancaire et maintenir leur capacité à mobiliser des ressources auprès de la BCEAO et des partenaires».

Mais, signale le quotidien d’information du Groupe futurs médias, il était aussi question «d’enrichir des personnes… morales» dont les sociétés sont citées dans le référé transmis au ministère de la Justice : Tacto services équipements Afrique, Agripo TV, Jamaries SA, Senteer, Complexe Seutou Indou, Établissement Moussa Gaye, Falilou Mbacké, Bio Energies Green, Fadema SAU, Yanawa.

L’Observateur renseigne que les auditeurs ont signalé que «la relation entre l’État, en tant que substituant, et les débiteurs substitués n’est pas établie dans les documents mis à sa disposition». De plus, a ajouté la Cour des comptes, d'après le journal, «le fondement économique de cette opération n’est pas, non plus, démontré». «Il existe par conséquent un risque que cette opération soit utilisée par les personnes en cause pour détourner les deniers publics», ont conclu les auditeurs.

En promettant «de revenir plus en détails en livrant des noms», L’Observateur souffle que «d’autres banques, d’autres sociétés, nourries à coups de milliards, sont également au cœur de cette mécanique trouble».

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