Paris : Amadou Diallo, ce consul trop marron-beige peut-il organiser des élections transparentes ?
Dans une interview accordée à Afrique Connection, Demba Sow, coordinateur de la DSE/France, visiblement ulcéré par l’immixtion intempestive d’Amadou Diallo dans la gestion quotidienne du parti présidentiel en France, a tenu à lui rappeler les limites de ses fonctions, « le consul général, a-t-il dit, est là pour tous les Sénégalais et pas pour l’APR». « Nous avons un coordonnateur, nous avons un trésorier. Nous avons un consul. C’est au coordonnateur de l’APR de gérer le parti. Et le consul, lui, gère les Sénégalais », a ajouté Demba Sow.
Comme lui, beaucoup de responsables de l’APR/France dénoncent la mainmise du consul général du Sénégal à Paris sur le parti. Tout l’argent de la DSE/France passe entre ses mains, pire son nom est cité dans plusieurs problèmes qui grippent le fonctionnement de la famille politique de Macky Sall en France. Amadou Diallo, c’est le big boss !
Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’un Sénégalais encarté est nommé à la tête du consulat général du Sénégal à Paris. Adama Sarr et Léopold Faye, ses deux derniers prédécesseurs, étaient des militants du Pds. Mais ils n’étaient pas impliqués dans la gestion quotidienne de leur parti comme l’est actuellement Amadou Diallo.
La question qui coule de source est la suivante : ce consul trop marron-beige (couleur de l’APR) peut-il organiser des élections transparentes en 2017(législatives) et en 2019 (présidentielle) ? Le doute est permis ! Car Amadou Diallo, par ses agissements, donne l’impression qu’il place les intérêts de l’APR au dessus de ceux de la patrie. La preuve, lors du dernier référendum, des membres de bureaux de vote avaient siégé alors qu’ils ne remplissaient pas les conditions requises. Certains n’étaient pas inscrits sur les listes électorales, tandis que d’autres n’avaient même pas de carte nationale d’identité…. Face à ce concentré d’irrégularités, les responsables du camp du Non, plongés dans une colère noire, avaient menacé de bloquer le déroulement des opérations de vote. Acculé, Badara Gaye (président de la DECENA) s’était d’abord réfugié derrière l’excuse de l’urgence de la tenue du référendum avant d’avouer qu’il n’avait jamais été témoin d’autant d’irrégularités dans un lieu de vote.
Pour des législatives et une présidentielle transparentes à Paris, tous les démocrates doivent se retrousser les manches afin qu’Amadou Diallo soit à équidistance des différentes chapelles politiques. Pour cela, il faut le contraindre de stopper sa mainmise sur le fonctionnement de la DSE/France.
Cheikh Sidou SYLLA