PARRAINAGE: UN DANGER CONSTITUTIONNEL ET DÉMOCRATIQUE

16 - Avril - 2018

Il était une fois, Un 23 juin 2011, un président de la République  du Sénégal avait voulu à tout prix être réélu à élection présidentielle de 2012. Il a décidé de passer par ses députés majoritaires à l'Assemblée nationale, pour légiférer une loi sur le quart bloquant. Ayant compris qu’il ne pouvait pas obtenir plus de 50% pour gagner dès le premier tour, les reports de voies ne seront pas à sa faveur au second tour, il fallait donc une telle loi. C’est une loi qui devait permettre au candidat en tête avec seulement 25% des voix d’être élu président sans second tour. Une volonté manifeste de tripatouiller la constitution au mépris des Sénégalais. Mais, la population étant avertie et consciente, est sortie massivement dans les rues pour s’opposer à son projet. Ce président sera sanctionné lors des élections présidentielles de 2012.

En 2018, sept ans plus tard, le président qui le succède semble être envahi par l’ivresse du pouvoir. Il n’a tiré aucune leçon des mésaventures de son prédécesseur. Après avoir utilisé la justice pour éliminer de potentiels adversaires politiques en l’occurrence Karim Wade et Khalifa SALL, il veut maintenant user de l’assemblée nationale pour en éliminer d’autres. Le projet de loi du parrainage est un danger constitutionnel et démocratique.

1. On ignore comment le comité qui doit valider les candidatures (les parrainages) sera constitué. Il peut ainsi nommer qui il veut pour exécuter ses ordres. Ce comité va certainement invalider de façon arbitraire les potentiels candidats capables de le battre.

2. La validation des candidatures sera connue au plus tard que 30 jours avant les élections. Cela entrave les préparations des campagnes électorales, de plus les candidatures non retenues n’auront pas suffisamment de temps pour déposer un recours.

3. D’après la constitution en cours, fait d’ailleurs par Macky, Karim WADE et Khalifa SALL peuvent encore être des candidats malgré qu’ils soient en prison ou en exil. Avec le projet de loi du parrainage, ils ne pourront pas candidater, car cette loi imposerait aux candidats de s’inscrire. Ce qui ne sera pas possible, car ils sont détenus bien avant les inscriptions sur les listes électorales.

Je lance un appel à tout Sénégalais  qui croit en la constitution, à tous les partis politiques, les mouvements et associations et j’appelle surtout les acteurs de la marche spontanée du 23 juin 2011 à venir manifester pour dire : Non à ce parrainage, non aux emprisonnements arbitraires, non à la radiation des opposants de notre fonction publique, aux malversations financières.

Amikel DIATTA

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