PASTEF/FRANCE : LA GRANDE REVANCHE D’ALIOUNE SALL
Parfois, le silence est d’or ! Depuis que certains, parmi ses détracteurs dans Pastef/France, ont perçu les premiers signaux la crise politique entre Ousmane Sonko et le président de la République, Alioune Sall est la cible d’attaques tous azimuts. Ils l’accusent de rouler pour Bassirou Diomaye Faye. C’est dans ce contexte que ses détracteurs ont mis en place Pastef/Refondation, une structure parallèle pour, dit-on, remobiliser les militants en faveur d’Ousmane Sonko, leur candidat pour la présidentielle de 2029. A leurs yeux, Pastef/France, la coordination dirigée par Alioune Sall, a été stratégiquement mise en hibernation pour endormir les militants, majoritairement favorable à l’ancien Premier ministre. Objet de plusieurs salves de critiques déstabilisantes, l’ancien ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, n’a pourtant jamais pipé mot pour se laver à grande eau.
Mais voilà, le divorce politique entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, illustré par le limogeage du premier est venu clarifier le jeu. Alioune Sall crache sur les atouts et les atours de la fonction ministérielle et choisit de rester avec le président du parti Pastef. Lors de sa déclaration de presse, mardi 2 juin, l’ancien premier ministre l’a cité nommément, deux ou trois fois, comme témoin de sa volonté de sauver le compagnonnage avec le président de la République. Preuve, s’il en est, de la proximité entre les deux hommes.
Sans dire un mot, Alioune Sall, par sa décision de rouler pour Sonko, a littéralement détruit le fonds de commerce politique de ses adversaires de Pastef/France. L’image de traitre que certains ont voulu lui coller à la figure s’est effondrée comme par enchantement ! Alioune Sall a fait preuve de dignité. Un acte vaut plus que mille mots, est-on tenté de dire. On peut, sur la lancée, ajouter que l’épreuve politique actuelle va renforcer la confiance entre les deux responsables. Le congrès du parti, qui s’ouvre le 6 juin, sera aussi certainement l’occasion pour les nombreux militants présents à la manifestation de saluer les anciens ministres, comme Alioune Sall, qui ont résisté à la tentation de traitrise.
L’adversité dans une famille politique est normale. Mais avant d’ouvrir un front, les acteurs politiques les plus futés s’assurent d’avoir des données probantes. Les adversaires d’Alioune Sall dans Pastef/France ont visiblement manqué de rigueur. Ils sont maintenant dans l’obligation de changer de logiciel et de trouver d’autres motifs pour tenter d’affaiblir leur coordinateur.
L’aventure sera loin d’être une sinécure !
Cheikh Sidou SYLLA