Présidentielle : Fillon maintient sa candidature, Juppé va sortir du silence

06 - Mars - 2017

Fragilisé par les affaires et les défections dans son propre camp, François Fillon ne lâche rien. Devant plusieurs milliers de personnes au Trocadéro, dimanche 5 mars, puis sur le plateau du 20 heures de France 2 dans la soirée, le candidat de la droite a réaffirmé sa volonté de poursuivre sa campagne : « Personne ne peut aujourd’hui m’empêcher d’être candidat. »

Il a une nouvelle fois clamé son innocence dans l’affaire de l’emploi supposé fictif de son épouse, Penelope Fillon : « Je n’ai rien à me reprocher sur le plan légal. » Mais face à ce maintien, la tension est montée d’un cran ce week-end au sein du parti Les Républicains. Le président du Sénat, Gérard Larcher, et le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer ont ainsi annoncé samedi la tenue d’un comité politique du parti lundi à 18 heures pour « évaluer la situation ».

Un comité politique Les Républicains réuni lundi

Ce week-end, la tension est montée d’un cran chez Les Républicains (LR), alors que plusieurs élus ont annoncé leur retrait de la campagne de François Fillon. Le président du Sénat, Gérard Larcher, et le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer ont ainsi annoncé samedi la tenue d’un comité politique lundi à 18 heures pour « évaluer la situation ». Alain Juppé a de son côté annoncé dimanche soir sur son compte Twitter qu’il ferait une déclaration à la presse lundi à 10 h 30.

Et peu de temps avant l’intervention de M. Fillon sur France 2, le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Christian Estrosi, a annoncé qu’il souhaitait rencontrer le candidat de la droite, avec Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. Les trois présidents de région souhaitent le rencontrer pour le convaincre d’une « sortie respectueuse ».

« Nous voulons être tous les trois des facteurs de cohésion. François Fillon défend un vrai projet d’alternance pour la France, mais il ne peut plus le porter lui-même », a déclaré à l’Agence France-presse, M. Estrosi. Ce dernier plaide désormais pour que M. Juppé soit le candidat de la droite à l’élection présidentielle.

Mais les deux autres présidents de région ont paru plus ambigus dans leurs intentions sur Twitter. « Nous défendrons coûte que coûte le projet@FrancoisFillon car c’est lui qu’il faut à la France », a déclaré Mme Pécresse, alors que M. Bertrand assurait : « Il n’y a qu’unis que nous pourrons vaincre le Front National.@FrancoisFillon. »

Au Trocadéro, François Fillon dénonce les « attaques de toutes parts »

Devant une foule réunie sous la pluie battante sur le parvis du Trocadéro à Paris, François Fillon a adopté un ton combatif dimanche après-midi. Le candidat de la droite à la présidentielle a dénoncé les « attaques de toutes parts » dont il se dit victime, avant d’appeler les responsables de la droite à faire leur « examen de conscience ».

Entretien avec Michel Winock « En appelant au rassemblement du Trocadéro, Fillon franchit la barrière qui le séparait du populisme »

Adoptant un ton lyrique, le député de Paris a salué « la France qui vient de loin, la France des paysans, des cathédrales et des sans-culottes. La France qui impose aux terroristes sa force morale ». Dans un discours d’une trentaine de minutes, François Fillon est revenu sur les soupçons d’emplois fictifs concernant sa femme et ses enfants. « Je vous dois des excuses », a-t-il déclaré, « dont celle de devoir défendre mon honneur et celle de mon épouse ».

« On m’attaque de toute part et je dois en conscience vous écouter. Je dois écouter cette foule immense. Mais je dois aussi m’interroger sur ceux qui doutent et qui fuient le navire. Leur responsabilité est immense, la mienne aussi. »

Le candidat, qui a fait face cette semaine à de nombreuses défections, y compris au sein de son équipe de campagne, a reconnu avoir « commis la première erreur en demandant à mon épouse de travailler pour [lui]. Je n’aurais pas dû le faire. J’ai commis une seconde erreur dans la manière de vous en parler ».

François Fillon a ensuite dénoncé « cette chasse à l’homme qui me vise et qui cherche à affaiblir la droite ». « La démocratie vous appartient, à vous qui êtes ici. Vous ne devez pas céder », a encore déclaré le candidat, avant de s’adresser directement aux « responsables politiques de la droite et du centre » :

« Mon examen de conscience je l’ai fait : je ne souhaite à personne de le faire dans de telles circonstances. Aux hommes et aux femmes politiques de mon camp, il vous revient maintenant de faire le vôtre. Laisserez-vous les passions du moment l’emporter ? »

Au sujet de la participation, il était très difficile d’avoir une estimation précise dimanche soir, la préfecture de police ne souhaitant pas communiquer sur ce rassemblement. Mais selon BFMTV, qui cite une source policière, il y avait entre 35 000 et 40 000 personnes. De son côté, le coordinateur de la campagne de François Fillon, Bruno Retailleau, a affirmé qu’il y avait « plus de 200 000 personnes ». Un chiffre assez exagéré selon les journalistes du Monde présents sur place.

Quelques heures après son discours au Trocadéro, François Fillon était l’invité du 20 heures de France 2. Il a tenu à réaffirmer sa volonté de poursuivre sa campagne : « Personne ne peut aujourd’hui m’empêcher d’être candidat. »

« Je ne suis pas autiste. Je vois bien les difficultés. J’entends bien les critiques, affirme-t-il. Je ne suis pas quelqu’un qui est jusqu’au-boutiste, je ne suis pas enfermé dans une certitude. (…) J’ai été désigné démocratiquement, j’ai 1 500 parrainages. C’est ma décision et cette décision a été confortée par ce rassemblement populaire qui a été une réussite. »

Il a ainsi une nouvelle fois réfuté l’idée d’un plan B alors que de nombreux élus à droite et au centre plaident pour une candidature d’Alain Juppé. « Ce n’est pas le parti qui va décider, ce n’est pas en coulisses qu’on va le faire, a-t-il affirmé. La candidature d’Alain Juppé ne correspond pas au choix des électeurs de la droite et du centre. »

Le candidat de la droite s’en est pris ensuite une nouvelle fois pris à la procédure judiciaire qui le vise, alors qu’il est convoqué le 15 mars par les juges d’instruction aux fins d’une mise en examen, soit deux jours avant la fin du dépôt des parrainages.

« Je suis innocent, je n’ai rien à me reprocher sur le plan légal. C’est le calendrier judiciaire qu’on m’impose qui est un véritable hold-up démocratique. Parfois la justice peut être instrumentalisée. Je constate que le sort qui m’est fait est une première. Si j’avais été mis en examen il y a deux mois je n’aurai pas été candidat à l’élection présidentielle. Ce sont des pratiques honteuses pour la démocratie. »

lemonde

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