Réplique à Ibrahima Thiam qui fait preuve d’un manque total de retenue dans ses propos (Son excellence Cheickh Sadibou Diallo)
Il y a des mots qui sont lourd de conséquences et que l’on doit se garder, par civilité, de ne pas user dans un débat républicain
«La virulence du débat politique indispose, pour motif que la démocratie s’y discrédite». (Thomas Bouchet, Professeur agrégé d’histoire contemporaine)
« Macky Sall est un « petit Président », élu un peu par hasard »
Encore heureux qu’il n’existe pas encore de chaire d’injurologie à la Sorbonne ou à Sciences Po… Mon jeune et distingué concitoyen, sorti de son hibernation a, dans la multiplication de ses sorties médiatiques singulières, à cette seule fin : démontrer ostensiblement qu’il continue d’exister politiquement fait, à mon total désenchantement, de l’injure, de l’affront, de l’outrage, du discrédit, de la raillerie et des attaques personnelles l’un de ses domaines de prédilection. Qualifier nommément le Président de la République du Sénégal d’être « un petit Président, pas un homme d’Etat, mais un politique sans charisme ni projet, tout juste bon à suivre les ordres de ses supérieurs occidentaux», est une insulte politique caractérisée et incisive, mais également une injure envers l’immense majorité du peuple, qui l’ont choisi, parmi tant de ses fils et filles de grande valeur, qui s’étaient présentés à leurs suffrages, à 65,80%. D’abord cela remet gravement en cause la souveraineté du peuple sénégalais, ensuite c’est une sorte de brutalisation de la parole politique qu’un homme politique d’excellence doit, sans coup férir, dénoncer et proscrire à tout jamais. Par cet acte posé, de manière virulente, dans sa chronique parue sur le site Infos15.com du 10 décembre, le Coordonnateur Bokk Gis Gis France fait preuve d’une outrance extravagante et, par la même circonstance, offense l’immense majorité de ses concitoyens qui l’ont porté à la Magistrature suprême.
La vie politique, ce n’est pas une aventure individuelle où l’on se livre, à tout venant, à des attaques personnelles ou à des outrages : le niveau du message d’un responsable politique doit être à la hauteur de son rang. Devant une telle verticalité, il n’y a qu’une seule attitude à adopter : administrer à l’impétueux Ibrahima Thiam une réplique appropriée qui, immanquablement, lui évitera à l’avenir de manier avec agilité le mot d’esprit assassin. Blessantes côté pile, futiles côté face, les insultes semblent incarner les petitesses du débat politique. Elles méritent pourtant mieux que l’anathème, le sourire ou le mépris.
Est-il seulement besoin de remettre en mémoire au jeune Thiam, assurément néophyte en politique, que nos grands hommes politiques sénégalais, qui se sont universellement distingués dont la patrie est reconnaissante, nous ont habitué à fréquenter les rudes sentiers qui obligent les Sénégalais à se surpasser, pour être eux-mêmes, dans l’inlassable combat pour la justice et la liberté. Et qu’il faut aussi, en toute circonstance, être calmes, pondérés et surtout savoir raison garder. Avant l’avènement de l’alternance 2000, l’insulte n’était pas dans la logique présidentielle de Senghor ni celle d’Abdou Diouf, ni dans diverses instances de la République. C’était quelque chose d’inhabituel car le niveau du débat était assez élevé. L’extraordinaire intérêt que notre époque porte aux Politiques d’Aristote, n’est pas seulement un effet de la révérence aux grands livres, mais une marque de perspicacité.
Les idées murissent comme des fruits et les hommes. Il faut qu’on laisse le temps au temps. Personne ne passe du jour au lendemain des semailles aux récoltes, et l’échelle de l’histoire n’est pas celle des gazettes. Je me méfie des hommes pressés, comme je suis aussi circonspect de ceux qui utilisent les grands moyens pour de petites choses. Toute la question pour les hommes de bonne volonté, est de procéder à une profonde réflexion paisible et sereine. Point de fléchissement moral ! Si l’alternance c’est l’oxygène de la démocratie, l’habileté ne monte pas assez haut, pour expliquer les grands destins.On ne peut juger un homme qu’à la fin. Il est donc prématuré de vouloir demander des comptes à un Président élu, en clamant à tue-tête, que ses promesses électorales ne sont pas tenues… C’est assurément faire preuve d’une mauvaise foi évidente de vouloir ignorer les actes de rupture posés par le Président de la République depuis son accession au pouvoir. Je donne donc rendez-vous à mon distingué compatriote Thiam à l’heure du bilan.
Pour clore ma réflexion, je persiste encore à croire que le terme précité «Macky Sall est un petit Président», d’une excessivité excessive qu’Ibrahima Thiam a utilisé dans le feu de l’action à l’endroit du Chef de l’Etat, semble avoir dépassé sa pensée. Car la culture politique rationnelle qu’il a acquise à côté de son illustre mentor Pape Diop, militant éternel et visionnaire ne s’accommode guère à ce qu’il a eu le privilège d’apprendre à ses côtés. C’est dire au Coordonnateur Ibrahima Thiam que lorsqu’on est issu d’une école si valorisante, on ne peut pas être n’importe qui en politique, pour se laisser aller à clamer l’inconcevable.
Son Excellence Monsieur Cheickh Sadibou DIALLO
Conseiller Spécial du Président de l’APR
Administrateur de la DSE APR France