Retrait des cartes d’électeur : la mésaventure d’un mandataire au consulat du Sénégal à Paris
Ce jeudi après-midi, après plusieurs échos de dysfonctionnements et de difficultés dans le retrait des cartes d'électeurs, j'ai décidé de faire un tour au Consulat du Sénégal à Paris pour constater de moi-même la situation sur place.
J'ai fait la queue de 15h 30 à 17h mais je n'ai pas pu retirer ma carte d'électeur.
A 17h le Consulat a fermé ses portes malgré le grand nombre de nos compatriotes qui attendaient dehors. Certains m'ont dit qu'ils étaient là depuis 14h. Une dame dite Khaar dit être venue par deux fois et à chaque fois elle est éconduite à 17h après être restée longtemps à attendre son tour. La mésaventure de cette dame est confirmée par beaucoup d'autres qui m'ont dit avoir subi la même galère. Une autre dame avait un besoin naturel à satisfaire et a demandé la permission d'utiliser les toilettes du Consulat. Un gendarme posté à l'entrée du Consulat lui refuse ce service et lui demande d'aller plutôt dans un café pour s'y soulager.
Après avoir attendu longtemps, ne pouvant plus se retenir, elle s'est résolue de partir ailleurs pour son besoin naturel. A son retour, son numéro était déjà dépassé, elle a demandé d'entrer mais le même gendarme lui a catégoriquement refusé cette entrée et a déchiré son ticket en lui demandant de refaire la queue ou de revenir une prochaine fois.
Pourtant, devant moi, on a laissé passer certaines personnes sur recommandation que des agents du Consulat sont venus chercher devant la porte. Je ne peux tout de même pas confirmer l'objet de la visite de ces personnes d'autant plus qu'interrogées à leur sortie, elles n'ont rien voulu me dire.
Alors, j'ai commencé à filmer la file d'attente pour attester mon compte rendu à mon parti politique.
Lorsque je filmais sur la voie publique pour attester de la souffrance de nos compatriotes, le même gendarme dont il est question ici depuis le début m'a confisqué mon téléphone sous prétexte que je n'avais pas le droit de filmer. Je lui ai répondu que je ne filmais pas dans le Consulat mais la voie publique devant le Consulat là même où des journalistes français avaient filmé en début de semaine pour attester de la pagaille qui régnait dans cette opération de distribution de cartes d'électeurs.
J'ai ensuite précisé que mes images montrant la devanture du Consulat étaient floutées. J'ai indiqué au même gendarme que j'étais mandataire d'une coalition de partis politiques engagée pour ces élections législatives et que j'étais là pour constater ce qui se passe et rendre compte à la direction de mon parti. Ce même gendarme m'indiqua qu'il n'en a cure. C'est après plusieurs moments de hautes tensions et d'interventions diverses qu'il m'a finalement autorisé à rentrer dans le Consulat pour récupérer mon téléphone auprès de son supérieur hiérarchique le lieutenant Ndoye communément appelé Ndoye APR.
A mon entrée dans le bureau de celui-ci, il a commença à me sermonner et à me tutoyer.
Je lui ai alors indiqué que l'usage voulait qu'il m'invite d'abord à m’asseoir, à écouter ma version des faits et surtout à me vouvoyer. Là, il s'est énervé en m'abreuvant d'insultes et en me traitant de tous les noms d'oiseau. Je lui indique que je suis plénipotentiaire d'une coalition de partis politiques et que je suis au Consulat pour vérifier si tout se passe bien, je l'ai ensuite invité à être plus correcte et plus courtois.
C'est là qu'il s'est levé et m'a fait sortir manu militari du Consulat.
Devant moi, beaucoup de nos compatriotes ont été victimes de manque de respect notoire au Consulat.
Kaaw Sadio Cissé, le mollah
Mandataire de la coalition "Mankoo Yeesal Sénégal" pour l'ENCO.