UNE ASSEMBLEE NATIONALE QUI BAT LE RECORD DU « GATSA-GATSA » DES IRRECEVABILITES

26 - Août - 2026

Honte à vous ! À vous entendre, certains députés ne savent même pas proposer une loi conforme à la Constitution. Le président Diomaye Faye devrait-il prendre ses responsabilités et user de ses prérogatives pour dissoudre cette Assemblée nationale bruyante, budgétivore et devenue, selon ses détracteurs, une tribune de saltimbanques au service d’un parti politique ?
La question mérite désormais d’être posée au peuple sénégalais : êtes-vous pour ou contre une dissolution précipitée de l’Assemblée nationale ?

Cette pétaudière ne doit pas servir de tribune à Ousmane Sonko et à ses députés, qui semblent s’en réjouir tout en contribuant à dévaluer notre République. La décision du Conseil constitutionnel déclarant irrecevable la proposition de loi visant à encadrer les fonds spéciaux révèle, une fois de plus, les faiblesses législatives des parlementaires de la majorité PASTEF.

Ils donnent l’impression d’être réduits au rôle de figurants, grassement rémunérés avec l’argent des contribuables sénégalais. Ils applaudissent à tout-va, s’éparpillent dans des querelles secondaires et s’éloignent des préoccupations réelles des citoyens. Ils semblent se délecter de voir leur idole occuper le perchoir pour y faire ce qu’il maîtrise le mieux : le « gatsa-gatsa », après un échec que certains jugent patent à la Primature.

Il est difficile de ne pas voir un immense gâchis dans les rapports politiques entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Dans ce bras de fer fratricide avec son ancien compagnon de parti, Ousmane Sonko apparaît comme le principal perdant politique. Il dit une chose puis se dédit, au gré d’un affrontement qui affaiblit autant les hommes que les institutions.
Celui qui fut Premier ministre et porteur d’un immense espoir s’est retrouvé soutenu par une majorité mécanique, soumise à ses desiderata politiques. Ces dernières années, la représentation nationale s’est vue dévalorisée par des parlementaires suspendus aux consignes partisanes. Beaucoup espéraient que l’ère PASTEF permettrait de redéfinir la vocation du député. Force est de constater qu’aucun élu ne semble se distinguer par une indépendance ou une exigence suffisante face à cette soumission mécanique à Ousmane Sonko.

Moins d’une semaine après avoir été remercié par le président de la République, les députés de la majorité se sont arrangés, avec une célérité remarquable, pour installer Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, faisant de lui la deuxième personnalité de l’État. Seul PASTEF pouvait nous imposer un tel tour de passe-passe, davantage inspiré par la politique politicienne que par l’intérêt institutionnel.

La présence de Sonko dans la représentation nationale n’est toutefois pas une surprise. Après deux ans et deux mois à la Primature, ses détracteurs constatent qu’aucune réalisation majeure et tangible ne semble pouvoir être portée à son actif. Les revers se succèdent et se ressemblent. La majorité paraît même incapable de produire une loi juridiquement conforme à la Constitution.

Le profil de certains députés devait pourtant nous inviter à nous interroger sur la qualité du travail parlementaire. On y trouve des personnalités qui se sont imposées à coups de micro et de communication auprès des militants et sympathisants de PASTEF, ainsi que des responsables propulsés au sommet de l’institution sans véritable expérience législative démontrée. L’un d’eux s’était illustré par un retentissant « J’assume », au moment où il était question de respecter les règles des « deux T » — transparence et traçabilité — dans les achats de véhicules destinés aux députés.

Aujourd’hui, notre Assemblée nationale semble ne plus savoir légiférer. Elle s’apparente à une pétaudière qui bat le record du « gatsa-gatsa » des irrecevabilités, au détriment de la qualité de nos institutions et des attentes légitimes du peuple sénégalais.

KMNGN

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