Visite d’Etat du président Macky Sall en France : polémique inutile et puérile (Par Cheikhou BALDE)

03 - Janvier - 2017

A plus de quinze jours de la fin de la visite d’Etat du président de la République en France, une certaine presse et quelques opposants continuent toujours à entretenir une crispation et un débat malsain pour ternir cette visite.
Le président de la République, pour ceux qui connaissent comment fonctionne le protocole en France, a eu droit à tous les honneurs dus à son rang.
Revue des troupes à l’Hôtel des Invalides – dépôt d’une gerbe de fleurs à l’Arc de triomphe sur la tombe du soldat inconnu – Réception au Palais de l’Elysée et un Dîner d’Etat – Déjeuner à l’hôtel Matignon avec le premier Ministre – Visite des présidents du Parlement et de l’Hôtel de Ville de Paris.
En France, la tradition n’est pas que le président aille à l’aéroport accueillir ses hôtes, aussi illustres soient-ils. Comparaison n’est pas raison mais prenons un exemple :
Obama n’a jamais eu droit à une visite d’Etat en France, aussi bien que Hollande ne s’est jamais déplacé pour l’accueillir à l’aéroport. Et pourtant, il est venu plusieurs fois en France. Est-ce pour autant qu’on puisse qualifier cela de mépris ? Loin de là, et même mieux, leur relation est excellente au point que Hollande a eu droit, lui, à une visite d’Etat à Washington.
Ce débat est puéril et même affligeant parce que c’était le Sénégal qui était à l’honneur à travers son président de la République.
Les questions fondamentales qui méritent d’être posées à cette occasion sont les suivantes.
Est-ce que la visite fut une réussite ? Absolument.
Un succès indéniable à la finalité banale. Il s’est agi de renforcer les relations des deux pays, évidemment faites d’intérêts réciproques et d’une proximité historique, stratégique et politique assez particulière. La diplomatie est une arithmétique et l’addition en est la règle. Il ne faut jamais l’oublier.
L’opinion doit savoir que les opposants d’aujourd’hui ne remettront jamais en question l’excellence des relations franco-sénégalaises si demain ils parvenaient au pouvoir. C’est comme si un candidat à la présidentielle française promettait à ses compatriotes que s’il est élu il remettrait en question les relations franco-américaines. C’est bien entendu non. Ce sont des alliances indéboulonnables qui résistent à toutes les tempêtes.
Les mauvais esprits ont voulu aussi attaquer le chef de l’Etat sous l’angle des accords signés lors de sa visite en poussant le bouchon tellement loin, invoquant le projet du TER comme une commande devant sauver ALSTOM. Quelle ignorance ! quelle mauvaise foi ! si l’on pense que ALSTOM est une entreprise en grande difficulté.
ALSTOM a signé un méga contrat avec les Américains, pour une commande de 580 TGV en présence de Joe Baden, qui se chiffre en dizaines de milliards, en plus de 2 contrats pour 7,5 milliards d’euros pour Dubaï et l’Italie, sans compter la commande du gouvernement français et de la SNCF.
Dans la même logique de souillure, une autre ineptie développée par les mêmes esprits tordus qui consiste à dire que le chef de l’Etat avait été convoqué pour donner à TOTAL sa part du « gâteau » pétrolier et gazier. Il est important de rappeler à nos concitoyens que TOTAL est la première entreprise française, elle n’a pas besoin du pétrole sénégalais pour prospérer, elle est présente sur les plus grands marchés du Proche et Moyen-Orient, de l’Asie et de l’Amérique.
Cependant l’Etat du Sénégal a raison. Il est préférable d’avoir une telle entreprise ou d’autres majors comme BP à ses côtés plutôt que des aventuriers qui sont souvent à l’origine de ce qu’on appelle la malédiction du pétrole.
Ne Soyons pas naïfs bien entendu, le business du pétrole reste une affaire d’investissements lourds et en contrepartie génère de juteuses rentabilités. Alors soyons raisonnables, on n’a pas dans nos pays des entreprises capables de consentir ces investissements-là, de forer et d’exploiter ces gisements.
Simplement nos gouvernants doivent défendre becs et ongles les intérêts de notre pays (c’est essentiellement le mandat que le peuple leur a assigné) dans les concessions accordées et veiller à une transparence absolue sur l’utilisation des profits tirés de ces contrats.
En définitive, cette visite est plutôt un prétexte à une partie de l’opposition d’affûter ses armes en vue des élections législatives et une certaine presse privée de se démarquer d’une étiquette pro-pouvoir un peu envahissante.
Néanmoins, il faut absolument dénoncer la bamboula des partisans du président pendant la visite, cautionné sûrement par ce dernier. Cela constitue, à n’en point douter, une vraie plaie pour notre démocratie. Les politiques ne l’appréhendent malheureusement pas assez. Ce folklore nuit gravement au développement de notre pays.

CHEIKHOU BALDE
cherbalde@gmail.com
PARIS (France)

 

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