« XALAAT TV OU LA TELEVISION DE LA PENSEE SOUS TUTELLE »
Xalaat TV n’est plus une chaîne d’information : c’est, pour beaucoup, une antenne de propagande au service de Pastef et du culte politique voué à Ousmane Sonko. Sous les apparences d’un média privé, elle donne trop souvent l’impression d’être le mégaphone d’un parti, le relais docile d’une idéologie et le tribunal permanent de tous ceux qui refusent de s’aligner.
Une télévision financée, directement ou indirectement, par l’argent public devrait servir les citoyens, garantir le pluralisme et respecter l’intelligence du public. Elle ne devrait jamais devenir l’instrument d’un camp chargé de réciter la même doctrine, de glorifier les siens et de vouer les voix opposées aux gémonies.
Le scandale n’est pas qu’un parti possède un média militant : cela existe dans toutes les démocraties.Le scandale serait de faire passer un organe partisan pour une chaîne d’information indépendante, tout en bénéficiant d’aides issues des impôts payés par des Sénégalais qui ne partagent ni les choix de Pastef ni l’adoration de son leader.
Sur Xalaat TV, la contradiction semble trop souvent traitée comme une trahison. La critique devient hostilité. Le désaccord devient blasphème. L’opposant devient suspect. Et quiconque refuse de rejoindre le chœur des applaudissements est présenté comme un ennemi du peuple, un vendu ou un obstacle à la prétendue révolution.
Cette mécanique est dangereuse. Elle ne cherche pas à éclairer le débat public, mais à le confisquer. Elle ne nourrit pas la démocratie, elle installe le conformisme. Elle ne respecte pas la liberté de penser, elle tente de la soumettre à une pensée unique, construite autour des intérêts et de l’image d’un seul homme.
Le Sénégal n’a pas besoin de médias sous commandement politique. Il a besoin de journalistes capables de questionner tous les pouvoirs, y compris celui qu’ils soutiennent. Il a besoin de chaînes qui informent au lieu d’endoctriner, qui donnent la parole au contradicteur au lieu de l’humilier, et qui servent la République plutôt qu’un chef.
KMNGN