Bénéficies, emplois, importations… : Ce que rapporte la filière banane au Sénégal

26 - Mars - 2026

Le gel des importations de bananes, appliqué entre septembre et décembre 2025, a eu un impact globalement positif sur la production nationale. Dans un entretien accordé au journal Le Soleil, Yahya Mamadou Sall, président du Collectif régional des producteurs de banane de Tambacounda, affirme que cette mesure a permis de « sauver la filière banane », mettant fin à des années de méventes chroniques.

Cette dynamique s’appuie sur une transformation technique amorcée entre 2023 et 2024, portée par l’introduction de plants in vitro et la modernisation de l’irrigation. Les résultats sont significatifs : alors que le Sénégal importait plus de 55 % de ses besoins en banane en 2021, ce taux est tombé à moins de 20 % en 2025, avec une production record estimée à 112 500 tonnes.

Un rempart social contre l’émigration

Au-delà des performances agricoles, la filière s’impose comme une locomotive économique pour la région de Tambacounda, générant plus de 10 000 emplois. Elle offre une alternative concrète à l’exode rural et à l’émigration clandestine. « Un jeune producteur peut gagner entre 1,5 et 2 millions de francs CFA tous les six mois », souligne Yahya Mamadou Sall.

Forts de cette dynamique, les acteurs visent désormais l’autosuffisance d’ici 2029 et plaident pour une extension du gel des importations à six mois en 2026, estimant être suffisamment organisés pour approvisionner le marché de juillet à décembre.

Les verrous structurels à lever

Malgré ces avancées, des défis majeurs persistent, notamment la question du foncier. L’absence de titres sécurisés limite l’accès au financement bancaire. À cela s’ajoutent des insuffisances logistiques, comme le manque de camions frigorifiques et de chambres froides, indispensables à la conservation des produits. Sur le plan environnemental, la protection des bananeraies contre les inondations reste une priorité, avec un appel à la construction de digues adaptées.

Comment réguler le marché ?

Enfin, la cherté du produit pour le consommateur demeure un point sensible. Si le kilogramme est cédé à 275 FCFA à Dakar par le producteur, les prix augmentent le long de la chaîne de distribution. Pour y remédier, les acteurs proposent la fixation d’un prix plafond à 800 FCFA le kilo, ainsi que la création de points de vente dédiés dans chaque commune.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

10 - Juillet - 2025

Washington : Ala maison blanche, cinq présidents africains exposent le potentiel minier de leurs pays devant Donald Trump

Le président américain Donald Trump a accueilli ce mercredi à la Maison-Blanche les présidents du Sénégal, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie,...

09 - Juillet - 2025

Aménagement touristique : Un mégaprojet de 665 milliards de FCfa lancé à Mbodiène

Le Sénégal mise sur le tourisme durable avec un mégaprojet à Mbodiène. Porté par un partenariat public-privé, ce chantier de 665 milliards de FCfa...

07 - Juillet - 2025

Droits de douane : Ursula von der Leyen a eu un "bon échange" téléphonique avec Donald Trump

Le dialogue continue sur les droits de douane entre l'Europe et les Etats-Unis. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a eu un "bon échange"...

04 - Juillet - 2025

Gabon, Sénégal, Mauritanie... Pourquoi ces cinq pays attirent les États-Unis

Du 9 au 11 juillet 2025, le président américain Donald Trump recevra à la Maison-Blanche les présidents du Gabon, de la Guinée-Bissau, du Liberia, de la...

04 - Juillet - 2025

Digitalisation de l'agriculture au Sénégal : Tivaouane choisi pour servir de terrain d’expérimentation

Les préparatifs de la campagne agricole 2025-2026 avancent bien dans le département de Tivaouane. Près de 700 tonnes de semences d’arachide ont déjà...