“Changer de nom n’est pas une révolution” : Sonko attaque la réforme de l’ÉCO

18 - Décembre - 2025

Dans le sillage du centenaire de la naissance de Frantz Fanon, le Premier ministre Ousmane Sonko a tenu un discours de rupture sur la question monétaire en Afrique francophone. Fustigeant une réforme de l’éco qu’il juge essentiellement symbolique, il appelle à dépasser les changements de façade pour engager un véritable combat politique en faveur de la souveraineté monétaire, qu’il considère comme l’un des derniers bastions de la domination postcoloniale.

« Nous devons le dire sans détour : changer le nom sans changer la logique n’est pas une révolution. C’est un simple rebranding de la dépendance », a-t-il tranché, avant d’insister sur la centralité de la question monétaire dans le combat pour l’autonomie africaine. Selon lui, la monnaie constitue un champ de bataille stratégique, à la fois politique, culturel et psychologique. « Une monnaie n’est jamais neutre. Elle structure les rapports de pouvoir, conditionne les choix économiques et façonne les mentalités », a-t-il martelé.

Dans une lecture assumée de la pensée fanonienne, Ousmane Sonko a rappelé que la domination coloniale ne s’est jamais limitée aux armes ou à l’administration, mais s’est enracinée durablement dans les esprits. À ses yeux, la persistance du franc CFA – sous des formes rénovées – illustre cette aliénation héritée, où les décisions fondamentales continuent d’être soumises à des arbitrages extérieurs.

« La monnaie demeure un champ de confrontation entre dépendance et désaliénation », a-t-il affirmé, appelant les peuples et les dirigeants africains à sortir de ce qu’il qualifie de confort politique de l’attentisme. Reconnaissant la complexité d’une réforme monétaire profonde, il a toutefois mis en garde contre une prudence excessive qu’il assimile à un renoncement déguisé.

Pour le Premier ministre, l’héritage intellectuel de Frantz Fanon impose une responsabilité historique aux dirigeants africains : rompre avec les réformes cosmétiques et assumer des choix souverains, y compris lorsqu’ils comportent des risques. « La peur des réactions des marchés ou des partenaires extérieurs ne doit pas servir d’alibi à l’inaction », a-t-il dit, appelant à faire de la souveraineté monétaire une étape décisive et non négociable de la décolonisation économique du continent.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

04 - Novembre - 2024

Sonacos Ziguinchor et Louga reprennent la transformation et la commercialisation de l'arachide

Le Directeur général de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS), El Hadj Ndane Diagne, a annoncé,...

31 - Octobre - 2024

Marché financier international : Le Sénégal lève 300 millions de dollars (181,9 milliards Fcfa)

Pour financer l’exécution budgétaire de l’année 2024, le gouvernement sénégalais a levé la somme de 300 millions de dollars américains,...

29 - Octobre - 2024

Sénégal : 8,17 millions de barils de pétrole produits au projet Sangomar

Entre juin et septembre 2024, le Sénégal a produit 8,17 millions de barils de pétrole dans le cadre du projet Sangomar. Durant cette phase de démarrage, la production...

29 - Octobre - 2024

Aviation Sénégalaise : Le Ministre El Malick Ndiaye ouvre le deuxième campus de l'AIMAC

Le ministre des infrastructures, des transports terrestres et aériens, Monsieur Malick Ndiaye, a inauguré ce lundi 28 octobre le deuxième campus de l’Académie...

28 - Octobre - 2024

ANNONCE: «GIE DIASPORA DISTRIBUTION» VOUS CONVIENT A LA CEREMONIE DE REMISE DE DOCUMENTS OFFICIELS AUX ACQUEREURS DES TERRAINS DU LAC ROSE

Madame Thiapatel Sall, Présidente du «GIE Diaspora distribution», et Monsieur Mamadou Ba, promoteur immobilier, Directeur de la société immobilière...