Député de la diaspora : un poste qui fait saliver Amadou Ciré Sall !

09 - Janvier - 2017

Amadou Ciré Sall, un manœuvrier hors-pair ! Après avoir réussi à se faire une place au soleil (conseiller auprès du Premier ministre), il tisse maintenant sa toile pour faire partie des quinze Sénégalais de la diaspora qui vont faire leur entrée à l’Assemblée nationale après les législatives de 2017. Du moins, c’est ce que pensent bon nombre de nos compatriotes suite à la décision prise par les responsables du Mouvement des Sénégalais de la Diaspora (MSD) de transformer leur organisation en parti politique.
"L'assemblée générale qui s’est tenue le samedi 7 janvier a donné mandat à Amadou Ciré Sall de réfléchir et d'entamer des démarches nécessaires en vue de la transformation de notre mouvement en parti politique", nous a confié Sory Camara, vice-président de la structure.
« Amadou Ciré Sall était la taupe de Macky Sall quand le PDS était au pouvoir, mais quand il a été nommé au poste de troisième vice-président de l’Assemblée nationale, il l’a carrément abandonné. Pourtant après la défaite du président Wade à la présidentielle de 2012, il a quitté ce dernier non sans essayer de transhumer à L’APR. Et puis, quelqu’un qui était incapable de diriger une fédération peut-il diriger un parti politique ? Franchement, Amadou Cira Sall veut taper à l’œil de Macky Sall. Depuis qu’on a annoncé que la diaspora aura quinze députés, plusieurs opportunistes commencent à s’agiter en créant des mouvements. Leur seul objectif, c’est d’être appelés par Macky Sall, ce n’est pas sérieux », fulmine un responsable du PDS qui s’est s’exprimé sous le sceau de l’anonymat.
Ben Yahya Sy de la Convergence des Cadres Républicains de France embouche la même trompette. L’ancien secrétaire général de la fédération PDS en France « n’a pas l’étoffe d’un chef de parti. Même au PDS il avait été imposé, mais ne faisait pas partie des ténors de ce parti. Je pense qu’il a la prétention d’être député des Sénégalais de l’extérieur, c’est une façon de faire monter la mayonnaise et de se faire remarquer par le président de la République. C’est le seul objectif recherché », a-t-il dit.
« Pour diriger un parti politique, il faut savoir mobiliser. Et ce n’est pas son cas. C’est Sory Camara qui fait tout le travail à sa place, mais quand il y a des opportunités, c’est lui seul qui en profite. Sory a du monde, les ressortissants du Sénégal oriental le soutiennent, c’est lui qui mobilise, il doit prendre ses responsabilités », a expliqué un responsable de l’APR.
Au purgatoire depuis la défaite des Libéraux, Amadou Ciré Sall n’avait jamais réussi à transhumer à l’APR en dépit de ses nombreuses tentatives.
En 2014, il crée le Mouvement des Sénégalais de la Diaspora (MSD). Parmi les nombreux objectifs annoncés du Mouvement, la création d’une banque d’investissement dédiée aux Sénégalais de l’extérieur, le développement de l’entreprenariat au sein de la diaspora sénégalaise, la valorisation de l’agriculture et l’élevage pour diminuer l’exode rural, l’accompagnement des cadres et techniciens qui veulent rentrer au bercail, la sensibilisation des populations sur les problèmes écologiques et sur le développement durable…
Mais personne n’est dupe. Tout le monde savait que le président du MSD n’avait qu’un seul objectif : avoir sa part du gâteau présidentiel. Et lors d’une conférence de presse organisée pour les besoins du lancement de son Mouvement, les journalistes n’avaient pas manqué de lui le signifier.
« Je peux vous dire que mon intention n’est pas de créer un mouvement pour aller en force au PDS, à l’APR ou dans un autre parti. Pas du tout ! C’est l’expérience que j’ai eue quand j’étais député, mais aussi bien avant, qui m’a convaincu de mettre sur pied ce mouvement. Les immigrés ont beaucoup apporté au Sénégal, mais jusqu’à présent il n’y a pas eu de bons résultats », avait-il répondu. « Et si une formation politique vous tend la main », demandait la presse? « C’est sur la base de notre programme que nous négocierons. Si un parti politique prend l’engagement de s’appuyer sur notre programme pour faire avancer un certain nombre de choses qui concerne les immigrés, nous sommes ok. Mais notre objectif n’est pas de rentrer dans un parti ou négocier un poste», avait-il précisé.
En décembre 2015, Amadou Ciré Sall est nommé conseiller auprès du Premier ministre, un poste farouchement négocié !
Cheikh Sidou SYLLA

 

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