Dialogue politique : Le FDR favorable mais pose des conditions

11 - Avril - 2025

L’opposition sénégalaise, regroupée au sein du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), n’entend pas aller sans conditions au dialogue politique appelé par le nouveau régime, pour le 28 mai prochain. Face à la presse hier, jeudi 10 avril, le front de l’opposition a fait part de sa disponibilité à aller aux concertations en question, non sans manquer d’étaler ses revendications et préalables à un dialogue sincère et ordonné.

Le Front pour la Défense de la Démocratie (FDR), qui réunit plus de 70 formations politiques d’opposition, a tenu hier, jeudi 10 avril 2025, une conférence de presse au siège de Taxawu Sénégal de Khalifa Sall, l’ancien maire socialiste de Dakar, pour se prononcer sur divers sujets de l’actualité politique nationale. L’occasion a été saisie par le député Abdou Mbow, Mamadou Lamine Massaly (président de la commission Diaspora du FDR et porte-parole du Front), Samba Sy, ancien ministre, et bien d’autres personnalités de l’opposition, pour apprécier l’appel au dialogue politique appelé par le chef de l’Etat, le 28 mai prochain et dicter les conditions du front par rapport à ces concertations.

Pour M M Massaly, « Cette annonce intervient après plusieurs décisions unilatérales prises sans aucune concertation, notamment sur les conditions d’organisation des législatives anticipées et sur les commissions d’inscription sur les listes électorales ». Tout en dénonçant ces « coups de force », le front de l’opposition se dit favorable à ces concertations, à condition qu’elles soient sincères et permettent des échanges fructueux dans l’intérêt du Sénégal. Toutefois, le front avertit qu’il ne cautionnera « aucun dialogue-subterfuge visant à couvrir un transfert anticonstitutionnel du pouvoir exécutif à un Premier ministre super-fort ». En tout état de cause, le Front pour la Défense de la Démocratie (FDR) rappelle qu’il revient au Président de la République de prouver sa sincérité en s’engageant solennellement à faire respecter les libertés inscrites dans la Constitution et à appliquer l’ensemble des recommandations consensuelles issues des discussions, le cas échéant. « Un tel engagement s’impose d’autant plus que le consensus obtenu à l’occasion de la seule rencontre à laquelle l’opposition a participé avec le ministre de l’Intérieur, à la veille des législatives de 2024, avait été cavalièrement invalidé par l’Exécutif », relève le front. Parmi les revendications essentielles du FDR figurent : le plafonnement de la caution électorale à 30 millions de FCFA pour la présidentielle ; une réforme de la loi 81-17 du 6 mai 1981 sur les partis politiques, incluant leur financement et le statut du chef de l’opposition ; la création d’une commission d’évaluation de la CENA et du CNRA ; le renforcement des pouvoirs de l’OFNAC entre autres.

Le Front pour la défense de la démocratie et de la République n’a pas manqué par ailleurs de brocarder le régime en place, relativement à l’adoption dite « à la hussarde de la loi interprétative de la loi portant amnistie de 2024 ». De même, à en croire l’opposition, « le président de la République a annoncé un projet de révision constitutionnelle tendant à instituer un Premier ministre super-fort ». Pour le front, derrière cette manœuvre, se cache une manœuvre claire : instaurer un système où le pouvoir exécutif serait capté par une figure non élue, au grand dam de la démocratie ! « Autrement dit, donner corps et vie institutionnelle à l’État-Sonko que le FDR ne cesse de dénoncer », a dit sans ambages Massaly, porte-parole du jour.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

26 - Mars - 2026

Waly Diouf Bodiang charge Madiambal : « Il invente des histoires à dormir debout »

Un organe de presse a rapporté une déclaration de Madiambal Diagne, selon laquelle Ousmane Sonko serait mêlé à un deal avec un homme d’affaires...

26 - Mars - 2026

Cabdidature de Macky Sall à l'Onu : Le bilan chiffré brandi par Amnesty pour exiger le veto de Bassirou Diomaye Faye

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, s’oppose catégoriquement à la candidature de l’ancien président...

26 - Mars - 2026

ELECTIONS MUNICIPALES À MANTES-LA-JOLIE: MA LIBERTE DE CHOIX, FACE AUX PRESSIONS IDENTITAIRES (PAR FATY DIA)

Les élections municipales sont, par essence, un moment fort de la vie démocratique. À Mantes-la-Jolie, la récente victoire d’Adama Gaye face au maire sortant...

25 - Mars - 2026

ONU : Macky Sall profite du revers de Bachelet pour avancer ses pions

La course à la succession de António Guterres à la tête de Organisation des Nations unies connaît un tournant avec le retrait du soutien du Chili à la...

25 - Mars - 2026

«Certains mettent le feu au monde et les autres doivent en avaler les cendres» : Pedro Sanchez évoque un scénario «bien pire» au Moyen-Orient que celui de l’Irak

Le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié mercredi devant les députés espagnols le conflit actuel au Moyen-Orient de «scénario (...) bien...