Diomaye – Sonko An 2 du pouvoir: bilan à mi parcours du nouveau régime sous le poids de la dette, entre réformes et attentes populaires
Deux ans jour pour jour après son élection dès le premier tour, le président Bassirou Diomaye Faye est à la tête du Sénégal. Avec son Premier ministre Ousmane Sonko, il incarne une alternance historique portée par un discours de souveraineté, de rupture et de transformation systémique. À mi-parcours, le bilan du nouveau régime apparaît contrasté, entre avancées notables et contraintes structurelles lourdes.
Une volonté de rupture et des réformes
Dès son accession au pouvoir, le duo exécutif a affiché une ambition claire : refonder la gouvernance publique et restaurer la souveraineté économique. Plusieurs mesures ont été engagées dans ce sens, notamment :
des efforts de transparence dans la gestion des finances publiques annoncés ;
une volonté de régulation des prix des denrées de première nécessité ;
des ajustements sur les prix du carburant et de l’électricité ;
des orientations stratégiques en faveur du secteur agricole.
Ces actions, saluées par une partie de l’opinion, traduisent une tentative de répondre rapidement aux attentes sociales issues de l’alternance. Hélas !
Une perception populaire en décalage avec les indicateurs
Cependant, deux ans après, un paradoxe persiste. Selon certains observateurs, la situation économique du pays reste difficilement lisible :
e décalage entre statistiques officielles et vécu quotidien alimente un sentiment de morosité. Pour beaucoup de citoyens, la promesse d’un mieux-être tarde à se concrétiser, malgré les annonces et les réformes.
Le poids écrasant de la dette
L’un des principaux obstacles auxquels fait face le régime demeure l’héritage économique, notamment une dette publique jugée très élevée. Le taux d’endettement avoisinant les 130 %, constitue un véritable frein à l’action gouvernementale.
Cette contrainte limite les marges de manœuvre de l’État, notamment en matière d’investissements publics. Or, comme le souligne l’économiste Elhadj Mansour Samb sur la RFM :
Dans ce contexte, soutient-il, le gouvernement a lancé le Plan de Redressement Économique et Social (PRES), visant à stabiliser les finances et relancer la machine économique.
Communication politique et crédibilité financière en question
Autre point de friction : la communication gouvernementale. Des divergences de ton et de stratégie entre le président et son Premier ministre sont relevées par certains observateurs.
Babacar Gueye pointe notamment un risque :
des déclarations politiques jugées alarmistes, notamment sur une « dette cachée » ;
une possible influence de ces discours sur la perception des partenaires financiers ;
une dégradation des notations du Sénégal, davantage liée à la communication qu’aux fondamentaux économiques.
Cette situation met en lumière l’importance d’une parole publique maîtrisée dans un contexte économique sensible.
Entre avancées et attentes : un bilan en demi-teinte
À mi-mandat, le régime de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko présente un visage contrasté :
Les acquis :
une dynamique de réforme engagée ;
des efforts sur le coût de la vie ;
une volonté affirmée de rupture et de souveraineté.
Les limites :
une économie ressentie comme stagnante par les populations ;
un endettement lourd freinant les politiques publiques ;
des défis de cohérence dans la communication étatique.
Quelles perspectives pour la suite du quinquennat ?
Les trois prochaines années seront décisives. Le principal défi pour le pouvoir sera de transformer les indicateurs macro-économiques en améliorations concrètes du quotidien des Sénégalais.
Entre rigueur budgétaire, relance de l’investissement et consolidation de la confiance, le régime joue désormais une phase cruciale de son mandat. Plus que jamais, il lui faudra concilier ambition politique et efficacité économique pour répondre aux attentes suscitées par l’alternance de 2024. Sinon…