Secteur extractif : vers des partenariats responsables et transparents

06 - Août - 2025

Le gouvernement prépare une refonte des contrats miniers, pétroliers et gaziers, pour en faire des instruments au service de l’intérêt général.

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a dévoilé les lignes directrices d’une réforme attendue. Il s’agit, entre autres, de mettre fin à l’opacité, aux déséquilibres et à la faible rentabilité sociale des contrats d’exploitation. « Le temps est venu de fonder une nouvelle génération de contrats publics, équitables, transparents, adaptés à nos intérêts, à tous nos intérêts », a-t-il déclaré.

Ainsi, le gouvernement entend reprendre la main sur la manière dont sont conclus, exécutés et évalués les contrats d’exploitation de ses ressources naturelles. « Ce que nous voulons, c’est bâtir un cadre juridique qui reflète notre ambition de souveraineté, tout en offrant la stabilité et la transparence nécessaires pour accueillir des partenariats responsables », a expliqué

Birame Soulèye Diop, rappelant que les codes actuellement en vigueur ne répondent plus aux réalités du pays, ni aux attentes légitimes des citoyens. La réforme envisagée ne vise pas à exclure les investisseurs, mais à redéfinir avec eux des conditions de collaboration plus équitables. «Il ne s’agit pas d’un bras de fer. Il s’agit de construire ensemble un modèle gagnant-gagnant entre l’État, les investisseurs, les entreprises locales et les populations », a souligné Birame Soulèye Diop.

Redéfinir les règles du jeu Au cœur des préoccupations du gouvernement figure la maximisation des bénéfices pour l’économie nationale. Depuis plusieurs années, les critiques sont nombreuses quant au caractère inégal des contrats conclus, souvent jugés trop favorables aux multinationales et peu redistributifs pour les communautés locales. «Nous voulons des accords clairs, transparents, validés dans le respect de l’intérêt général et en cohérence avec nos objectifs de développement », a insisté le ministre. La réforme envisagée devra intégrer des clauses fiscales et sociales plus rigoureuses, garantir une meilleure traçabilité des revenus, renforcer les mécanismes de contrôle et impliquer davantage les institutions démocratiques dans le processus de contractualisation. Si la volonté de souveraineté est affirmée, le ministre reste conscient de la nécessité de maintenir le pays attractif pour les investissements étrangers.

Il reconnaît le rôle de l’investisseur, mais exige un partenariat fondé sur le respect mutuel et le partage équitable des risques et des gains. « Je n’oublie pas l’investisseur, celui qui engage des moyens financiers importants et qui assume un risque réel. Ce risque doit être reconnu. Mais il doit l’être dans un cadre clair, équilibré, qui ne lèse pas les intérêts du Sénégal », a-t-il dit. Le nouveau dispositif devra ainsi offrir un environnement juridique stable et prévisible, tout en intégrant des dispositions sur le contenu local, la protection de l’environnement, la redistribution des revenus et le développement socio-économique des zones concernées.

Le contrat, comme outil de justice sociale Au-delà des considérations techniques, le ministre a insisté sur la dimension éthique et sociale des futurs contrats. Chaque signature devra désormais être perçue comme un engagement envers le peuple sénégalais, et non comme une simple transaction commerciale. Dans cette optique, l’État prévoit également de renforcer la transparence par la publication systématique des contrats signés, en ligne avec les standards de l’Initiative pour la Transparence dans les industries extractives (Itie), dont le Sénégal est membre actif.

L’élaboration de ces nouveaux contrats ne se fera pas en vase clos. Le ministre a appelé à une démarche participative, où chaque acteur – collectivité territoriale, entreprise locale, société civile, parlementaire, partenaire financier – pourra contribuer à la définition des règles du jeu.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

24 - Novembre - 2022

Une quantité importante de marchandise saisie à Mbour et Joal (services du commerce)

Une opération de contrôle de 48 heures menée par les services de la Brigade régionale du commerce de Thiès a débouché sur la saisie d’une...

23 - Novembre - 2022

BAISSE DES PRIX : LES BOUTIQUIERS DÉTAILLANTS EN GRÈVE JEUDI ET VENDREDI

Rechargez vos paniers ! Les boutiquiers détaillants vont fermer leurs boutiques demain jeudi et après-demain vendredi. Ils ont décidé d’observer une grève...

18 - Novembre - 2022

Les budgets de l’Assemblée nationale, du HCCT et des institutions judiciaires connaissent une hausse

Les budgets de l’Assemblée nationale, du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), du Conseil Constitutionnel de la Cour Suprême et de la Cour des Comptes...

17 - Novembre - 2022

Baisse des prix : Après Dakar, les régions s’impatientent, le ministère du Commerce donne des assurances

Les nouveaux prix des denrées qui sont entrés en vigueur le lundi 14 novembre, mais seulement dans la région de Dakar. Conséquence, les populations des localités...

16 - Novembre - 2022

Gaz sénégalais : La stratégie de l’opérateur pour profiter des alléchants prix du moment

Avec le conflit Russo-ukrainien, le gaz sénégalais est déjà convoité, alors qu’il n’est pas encore sorti de terre. L’opérateur dit avoir...