FRANCE : YAYA DIANKA, UN « INDESIRABLE » DECORE DE LA MEDAILLE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE
Et dire qu’il a failli être expulsé de la France à l’issue de ses études universitaires ! Mais Yaya Dianka ne fait manifestement pas partie de cette « race » de personnes qui recule devant les incertitudes de la vie. A force de travail, d’abnégation, de foi aux institutions de la République, il transcende les obstacles et imprime sa marque dans son environnement professionnel (l’enseignement). Docteur en Sciences de l’éducation et diplômé de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), il intègre le cercle restreint des identités remarquables du monde associatif dans le département des Yvelines. Le microcosme politique ouvre grandement ses portes, à ce cadre de l’enseignement catholique, il « jure qu’il ne fera jamais de politique ». Mais voilà, le « Foutanké » finit par céder à la tentation, convaincu par Michel Laugier, maire de Montigny-le-Bretonneux. Il est, depuis 2009, conseiller municipal la mairie de Montigny le Bretonneux (78). Docteur Dianka porte également la casquette de Président de la Commission Qualité de Vie et Président du Conseil de quartier Saint Quentin. Amoureux de l’écriture, cette figure marquante de la diaspora sénégalaise est l’auteur de trois ouvrages : Un petit baobab pour vivre ensemble (2012) ; L'évaluation extérieure : un levier de management (2015) ; Rencontres à l’UNESCO : Lumières sur les plumes des diasporas Africaines (2022).
C’est donc pour saluer ce riche parcours que Charles RODWELL, député de la 1ère circonscription des Yvelines, l’a décoré de la médaille de l’Assemblée nationale. La cérémonie a eu lieu le 9 avril dernier, au grand théâtre de la démocratie française, en présence de plusieurs invités.
« Je tenais d’abord à rendre grâce au tout puissant de m’avoir préservé la santé, l’équilibre et le bien-être pour vivre cette soirée. Cette médaille est une reconnaissance pour mon engagement politique, civique et surtout citoyen. C’est aussi pour moi, un message très important à l’endroit de mon pays. Je suis né à Ourossogui, je suis arrivé ici (France, Ndlr) pour faire des études de Sciences de l’éducation. J’ai été accueilli tout de suite par les Français surtout par l’enseignement catholique qui m’a tout donné. Je voudrais donc dédier cette médaille à la France, à mon pays, le Sénégal ; à ma famille, aux habitants de Ourossogui, les jeunes et les femmes notamment », a déclaré le récipiendaire.
Yaya Dianka se dit persuadé que « tout immigré qui s’engage en France a des chances de réussir. La France nous offre l’espace et nous montre les chemins du possible quel que soit notre niveau d’études, quelle que soit notre relation avec les autres », a-t-il ajouté.
Auparavant, le député de la 1ère circonscription des Yvelines a expliqué les raisons pour lesquelles il a décidé de décorer Yaya Dianka. Son riche parcours dans l’enseignement, mais surtout son engagement dans le milieu associatif marqué notamment par le rapprochement entre les différentes religions, ont pesé sur la balance. Décloisonner les religions et ébranler les clichés pour un meilleur vivre-ensemble. Un sacerdoce ! Mais psychologiquement et intellectuellement, Yaya Dianka est armé pour mener à bien ce combat patriotique. « Moi je suis inspiré par quatre penseurs : le premier, c’est Senghor. Académicien, poète et surtout agrégé de grammaire ! Senghor est aussi quelqu’un qui a impulsé le dialogue islamo-chrétien. Je suis aussi inspiré par Amadou Hampâté Bâ, un grand écrivain peul qui est bien connu dans l’espace francophone. Mais je suis aussi inspiré par tout le message qu’a porté l’ancien secrétaire général de la Francophonie qu’est Abdou Diouf. Je n’oublie pas aussi Stéphane Hessel, un immense combattant des droits de l’Homme.»
Yaya Dianka n’a pas aussi manqué de saluer le soutien de son épouse et de ses enfants dans les combats qu’il mène sur les plans politique, professionnel et associatif.
Cheikh Sidou SYLLA