Gambie: Barrow sera finalement investi à Dakar
On connait maintenant le "Plan B" dont parlait Halifa Sallah, le porte parole du président élu de la Gambie. A défaut de pouvoir l'investir publiquement au stade de Banjul, pour des raisons de securité, décision a été prise de trouver un artifice juridique pour le faire entrer en fonction. Adama Barrow sera ainsi investi à Dakar, à l'intérieur de l'ambassade de la Gambie. Il sera ainsi juridiquement en territoire Gambien lors de cette investiture qui aura lieu ce jeudi 19 janvier à 16h.
Dans un tweet en anglais, Barrow déclare : « je voudrais vous informer que la cérémonie de prestation de serment aura lieu à l’Ambassade de la Gambie à Dakar ».
Un journaliste de l’APS a constaté jeudi matin la présence de plusieurs officiels sénégalais, dont des proches du président Macky Sall, dans les locaux de la représentation diplomatique gambienne.
Les préparatifs de la cérémonie d’investiture vont bon train, a-t-il observé.
Aucun chef d’Etat, à l’exception d’Adama Barrow, ne prendra part à cette cérémonie, a annoncé à l’APS un conseiller du président Macky Sall, sous couvert de l’anonymat.
Selon lui, la Communauté économique des Etats de l’Afrique (Cédéao, 15 pays membres), qui conduit une médiation en vue du règlement de la crise politique en Gambie, sera représentée par le président de sa commission, Marcel Alain Da Souza.
"La tenue de la cérémonie d’investiture du nouveau président dans une ambassade de la Gambie est une décision conforme à la loi du pays", a dit à l’APS le président de l’Association des avocats de la gambiens, Sherif Tambedou.
Pourtant, Yahya Jammeh continue de faire fi de la légitimité d’Adama Barrow, mais aussi des pressions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui menace d’envoyer son armée et d’utiliser la manière forte si le sortant s’accroche ne serait-ce qu’une journée de plus à son pouvoir.
Le Nigeria se préparait, à la veille de la passation de pouvoir présumée, dans l’éventualité d’une intervention militaire. Son armée de l’air annonçait l’envoi d’« un contingent de 200 hommes, ainsi qu’une flotte d’aviation comprenant un avion de combat, des cargos, un hélicoptère et un avion de surveillance et de reconnaissance à Dakar » en vue d’une opération en Gambie.
Le Sénégal, de son côté, présentait 18 janvier un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, visant à autoriser la Cédéao à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour assurer une passation de pouvoirs en Gambie.
Ce projet, qui relève que l’« instabilité en Gambie pourrait menacer la paix internationale et la sécurité de la région », presse le président sortant de « mener un processus de transition pacifique et ordonné ».
Moussa Camara avec Seneweb, APS et AFP