Pierre-Emerick Aubameyang répond aux critiques : « Je ne suis pas le problème »
La déroute sportive du Gabon à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a rapidement dépassé le cadre du terrain pour devenir une affaire d’État. Au lendemain de l’élimination dès le premier tour, le gouvernement gabonais a annoncé une série de décisions radicales visant la sélection nationale, son encadrement technique et deux figures emblématiques des Panthères : Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga.
Trois matchs, trois défaites — face au Cameroun (1-0), au Mozambique (2-3) et à la Côte d’Ivoire (2-3) — auront suffi à sceller le sort du Gabon dans cette CAN. Un bilan sans appel, vécu comme une humiliation nationale, qui a précipité une réaction politique d’une rare fermeté. Alors que les joueurs ont quitté la compétition prématurément et passé le Nouvel An loin des terrains, Libreville a choisi de répondre par des sanctions immédiates.
Dans une allocution télévisée diffusée dans la soirée de mercredi, le ministre des Sports par intérim, Simplice-Désiré Mamboula, a annoncé la dissolution du staff technique, la suspension de l’équipe nationale « jusqu’à nouvel ordre » et la mise à l’écart de Bruno Ecuele Manga et de Pierre-Emerick Aubameyang. « Au regard de la prestation déshonorante des Panthères à la CAN, le gouvernement prend ces décisions pour restaurer la crédibilité de notre équipe », a déclaré le ministre.
Ces mesures ont été confirmées quelques heures plus tard par le ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, dans un communiqué officiel. Si Aubameyang n’avait pas pris part au dernier match contre la Côte d’Ivoire en raison d’un accord entre l’Olympique de Marseille et la Fédération gabonaise , son statut de capitaine et de leader symbolique semble avoir pesé lourd dans la décision gouvernementale.
Face à cette mise en cause directe, Pierre-Emerick Aubameyang n’est pas resté silencieux. Interpellé sur le réseau social X par un internaute l’accusant d’être responsable de l’échec, l’attaquant gabonais a réagi avec fermeté : « Ok toi en fait, tu n’es pas concentré. Force. » Avant d’ajouter, dans une déclaration plus lourde de sens : « Les problèmes de l’équipe sont bien plus profonds que la petite personne que je suis. »
Cette sortie publique renvoie à des dysfonctionnements structurels que plusieurs observateurs évoquent depuis longtemps au sein du football gabonais, bien au-delà des performances individuelles ou des choix tactiques.
Sur le plan sportif, cette élimination prématurée pourrait toutefois avoir une conséquence positive pour l’Olympique de Marseille. Libéré de ses obligations internationales, Pierre-Emerick Aubameyang devrait être disponible pour le Trophée des Champions face au Paris Saint-Germain, prévu le 8 janvier prochain.
Au Gabon, en revanche, l’onde de choc est loin d’être retombée. Entre sanctions gouvernementales, réactions des joueurs et interrogations sur l’ingérence de l’État dans la gestion du football, la crise ouverte par cette CAN 2025 pourrait laisser des traces durables.