Pourquoi le pétrole s'emballe

12 - Décembre - 2016

Les prix de l'or noir prennent environ 5% ce lundi. Pour la première fois en 15 ans, l'Opep a conclu un accord de réduction de la production impliquant des pays non-membres du cartel.

Faire remonter les cours du baril à tout prix. L'objectif de la réunion de l'Opep et des pays producteurs de pétrole non-membres de l'organisation est en passe d'être atteint. Ce lundi, les cours prennent un peu moins de 5%.

Le Brent, référence européenne, a gagné jusqu'à 6,55% à 57,89 dollars, son plus haut depuis novembre 2015. Le WTI, référence américaine, de son côté a pris jusqu'à 5,84% à 54,51 dollars.
Nouvelles promesses de production en baisse

Ce rebond s'inscrit dans le sillage de la décision de la réunion à Vienne ce samedi. 11 pays extérieurs au cartel, dont la Russie, soit 60% de la production mondiale ont accepté de réduire leur production de 558.000 barils par jour afin de soutenir la récente initiative de l'Opep .

La Russie s'est engagée à elle seule à baisser sa production de 300.000 barils par jour comme elle l'avait récemment promis. Ces réductions s'ajoutent à la baisse de 1,2 million de barils par jour décidée par l'Opep fin novembre.

Les cours ont d'autant plus progressé lundi que l'Arabie saoudite a laissé entendre qu'elle était prête à réduire sa production encore plus que prévu. Le royaume avait accepté fin novembre de pomper près de 500.000 barils de moins chaque jour.
La production américaine redémarre

La remontée des cours risque cependant de ne pas durer. La hausse du baril rend caduc la stratégie consistant à laisser filer les cours pour "tuer" la production américaine de schiste. Depuis que les cours remontent, le nombre de plateformes de forage continue de progresser.

On en compte 21 de plus la semaine dernière pour un total de 498, soit "182 de plus que lors du plus bas atteint en mai 2016" rappelle la banque ING. Malgré tout, "Riyad semble faire le pari que les producteurs américains ne vont pas en profiter pour relever substantiellement leur production en 2017", commente Aurel BGC.

Qui va compenser les pertes de revenus ?

Commerzbank demeure sceptique sur une mise en oeuvre réelle des réductions de production. "Qui croire en Russie ? Le ministre russe de l'énergie qui s'engage à réduire la production de 300.000 barils, ou les compagnies pétrolières du pays qui ont récemment présenté leurs plans pour augmenter leur production ?", s'interroge la banque allemande avant de trancher "et même si la Russie est sérieuse sur une réduction de la production, il n'existe aucun plan pour compenser les pertes de revenus des compagnies pétrolières".
Des réductions après des records de production

Par ailleurs, les différents accords pour pomper moins de pétrole interviennent après que les pays concernés ont atteint des records de production. À titre d'exemple la Russie a longtemps plus parlé de gel que de réduction de production. Elle a finalement accepté une baisse, mais sur la base du niveau record de novembre-décembre, soit environ 11,2 millions de barils par jour. Quant à l'Arabie saoudite, elle aurait poussé sa production à 10,7 millions de barils par jour en novembre. "En d'autres termes, il faudrait qu'elle réduise sa production de 700.000 barils en janvier pour qu'elle tienne ses engagements pris lors de l'accord de l'Opep", calcule Commerzbank.

lesechos.fr

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

29 - Juin - 2020

Aide à la Diaspora : « L’Etat va encore décaisser 6 milliards la semaine prochaine » (Amadou Ba)

Le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Amadou Ba, a révélé ce dimanche sur TFM qu’une autre...

29 - Juin - 2020

DAKAR À LA RECHERCHE DE 35 MILLIARDS DE FRANCS CFA SUR LE MARCHÉ FINANCIER RÉGIONAL

L’Etat du Sénégal a lancé une émission d’obligations assimilables du Trésor d’un montant de 35 milliards de francs CFA, annonce l’agence...

23 - Juin - 2020

COVID-19 - MACKY SALL : « SI CETTE PANDEMIE SE POURSUIT, NOUS SERONS EN RECESSION »

« L'impact économique est énorme. Au cours des 5 dernières années, le Sénégal a connu une croissance annuelle de pas moins de 6,5%. Maintenant,...

23 - Juin - 2020

INSOLITE: AIR SENEGAL REBROUSSE CHEMIN POUR LES BEAUX YEUX D'UNE GABONAISE

La compagnie Air Sénégal dirigée par Ibrahima Kane avec comme Président du conseil d'administration Souleymane Ndéné Ndiaye, a-t-elle déjà...

19 - Juin - 2020

Riposte au Coronavirus: la Banque mondiale approuve un Appui additionnel de 100 millions de dollars pour le Sénégal

Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé mardi 16 juin 2020, un financement de l'Association internationale de développement (IDA) d’un montant de 100...