PROPOS DE MERCREDI :« BU MA KO DEFEE DEE ! »

02 - Janvier - 2019

« Macron, il joue à attrape-moi si tu peux. C’est comme un joueur de rugby. Il a pris la balle, il court et il sait que, s’il se retourne, il est mort », commentait un des ses ministres dans les colonnes du quotidien Le Parisien en mars dernier.
En direction de la présidentielle de février, Mackrond est sur la même stratégie que son homonyme gaulois. La stratégie du « du ma fo def », comprenons : « bu ma ko defee dee ».
Son objectif de se faire « réélire au premier tour » avec seulement 35% des suffrages probables ne peut être atteint dans l’élégance. Ni sans violence. Donc, au journaliste l’invitant à rivaliser d’élégance avec le président Wade en dessaisissant le ministre de l’Intérieur de l’organisation des élections, il coupe brutalement la parole et, dans une insolite posture de défiance, oppose un refus qui se veut définitif.
Il s’en tiendra à son plan A : empêcher le maximum de candidats de l’opposition, s’autoproclamer « élu » le 24 février, et réprimer toute contestation dans le sang.
Il n’aura pas de plan B parce que le plan B pour lui, c’est la défaite, la reddition des comptes, la « mort ».
Il a pris ses précautions en installant des hommes de paille aux postes stratégiques. Ce qui lui permet d’être le seul véritable ministre de la Justice, ministre de l’Intérieur, président des institutions judiciaires, président de la Cena, voire rédacteur en chef de la majorité des médiats.
Et l’agressivité restera la préférence stratégique de son entreprise de viol du suffrage universel.
D’ailleurs, l’agressivité est la stratégie nécessaire de tous les violeurs. Elle engendre, à court terme, un effet de sidération que les psychologues décrivent comme un état de stupeur émotive privant la victime de toute réactivité et la laissant inerte, figée. Offerte comme un mouton mené vers l’abattoir.
Dans son dernier billet, le brillant blogueur Nioxor Tine propose une métaphore de « l’abattoir électoral » pour décrire le rendez-vous présidentiel du mois prochain. Pour lui, « l’opposition apparaît de plus en plus sous les traits d’une victime sinon consentante, tout au moins inconsciente ». Cette perception d’une opposition en état de sidération devrait inspirer une réflexion autocritique.
Les solutions qu’il propose semblent en principe incontestables : « s’unir autour d’une candidature unique, centrée sur une plateforme programmatique basée sur la refondation institutionnelle et la souveraineté économique. À défaut, participer aux prochaines élections présidentielles équivaudrait simplement à servir de faire-valoir à des élections tronquées ».
Qu’elle que soit la démarche adoptée par l’opposition, elle ne mènera au succès qu’en rejetant toute illusion de dialogue ou de consensus avec Mackrond. La coopération est une stratégie mortelle face à un adversaire optant pour l’agressivité. C’est en se montrant conciliant, face à un Hitler agressif, que le gouvernement anglais avait encouragé le dictateur à bombarder Londres. Pour lui, la stratégie anglaise était preuve de faiblesse.

02/01/2019
Mamadou Bamba NDIAYE
Ancien député
Secrétaire général du Mps/Selal

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