Secteur des hydrocarbures au Sénégal : l’État lance une offensive contre les pétroliers qui refusent de s'acquitter de la redevance

04 - Février - 2026

La tension monte d’un cran dans le secteur énergétique sénégalais. En cause, le recouvrement de la redevance due à la Commission de régulation du secteur de l'énergie (Crse). Face au refus des sociétés pétrolières de s'acquitter de cette taxe de 0,2 FCFA par litre, l'État a décidé de passer à l'offensive.

Pour briser la résistance des acteurs du secteur, l'État, via la Crse, a commencé à envoyer des mises en demeure. Mais la menace va plus loin. Selon Ameth Guissé, président de l'Association Sénégalaise des Pétroliers (ASP) et DG de MAACK Petroleum, l'administration s'apprête à émettre des Avis à Tiers Détenteur (ATD). Cette procédure rapporte « L’Observateur », qui donne l’information, permettrait de bloquer directement les comptes bancaires des distributeurs.

« L’État veut imposer sa force régalienne dans un environnement où les prix sont déjà encadrés et les marges extrêmement faibles. C'est une volonté manifeste d'asphyxier toute une industrie », a dénoncé Ameth Guissé.

Les pétroliers d’après le quotidien d’information, ne contestent pas le principe de la redevance, mais son mode d'intégration. Ils proposent deux solutions pour débloquer la situation.

Ils suggèrent l'intégration dans la structure des prix, c’est-à-dire que la taxe soit répercutée officiellement pour ne pas rogner sur des marges déjà critiques. Aussi l'intégration au PPI (Prix du pétrole importé), ce à l'image du fonds de soutien (FSIPP), pour simplifier la collecte.

Malgré des promesses de révision lors des derniers ajustements de prix en décembre et février, rien n'a bougé. Les pétroliers se retrouvent dans une impasse, coincés entre un décret hérité de l'ancien régime et une réalité économique intenable.

Au-delà du conflit financier, c’est l’efficacité même de la Crse qui est remise en question. L'ASP regrette l'époque du Comité National des Hydrocarbures (CNH), jugé plus agile et moins coûteux. Aujourd'hui, les distributeurs déplorent des lourdeurs administratives alarmantes : Plus de 6 mois de retard pour les remboursements de la caisse de péréquation. Un endettement massif des sociétés pour compenser ces retards de trésorerie.

« Une telle décision risque de paralyser le pays », ont prévenu les membres de l'ASP.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

03 - Octobre - 2025

Sénégal : La Direction des Impôts et des Domaines victime d'une cyberattaque, 1 To de données dérobé

La Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Sénégal a été la cible d’une cyberattaque de grande ampleur. Un groupe de pirates...

02 - Octobre - 2025

La région de Dakar concentre 46,2% de la richesse nationale, selon l’Ansd

D'après le rapport des comptes régionaux du Sénégal publié en version semi-définitive, en 2022, le produit Intérieur Brut (PIB) en valeur du...

30 - Septembre - 2025

Dette « cachée » : La réplique sèche de Abdourahmane Sarr à Macky Sall

La riposte des nouvelles autorités ne s’est pas fait attendre après la sortie de l’ancien président de la République, Macky Sall sur la question de la dette...

26 - Septembre - 2025

New Deal Technologique : 10 millions de dollars de la Fondation Gates pour le Sénégal

Une étape décisive a été franchie dans l’accélération de la transformation numérique du Sénégal. En marge de la 80e...

23 - Septembre - 2025

Kolda ; Un gisement de phosphates découvert à Médina Elhadji

Un nouveau potentiel minier a été découvert dans le sud du Sénégal. Pascal Faye, directeur régional de l’Énergie et des Mines de Kolda, a...