SUPPORTERS EN DETENTION : LA NATION SE LÈVE POUR SES ENFANTS

21 - Février - 2026

En tant que dirigeant politique, je ne peux rester silencieux lorsque des citoyens sénégalais font face à des décisions judiciaires à l’étranger que beaucoup considèrent comme excessives et injustifiées. La protection de nos compatriotes est une obligation constitutionnelle et morale. Le Sénégal est un État souverain, attaché au respect du droit, mais déterminé à défendre ses citoyens partout où leur dignité est mise en cause.

Derrière ces décisions, il y a des familles dans l’angoisse, des mères et des pères qui vivent dans l’inquiétude quotidienne, des épouses, des enfants qui attendent un retour. La Nation ne peut rester indifférente à cette souffrance silencieuse. Ces compatriotes ne sont ni des criminels endurcis ni des fauteurs de troubles organisés : ce sont avant tout des supporters sénégalais partis encourager leur équipe nationale lors de la Coupe d’Afrique des Nations, mus par l’amour du drapeau et la fierté nationale.

Nos relations avec le Maroc sont historiques, fraternelles et stratégiques. Elles reposent sur des intérêts mutuels et une coopération économique importante, notamment dans les secteurs bancaire et financier. Mais l’amitié entre deux Nations ne saurait prospérer sans respect réciproque. Lorsque des décisions sont perçues par notre peuple comme disproportionnées et injustes, il est du devoir des autorités sénégalaises d’élever la voix avec fermeté.

J’appelle d’abord à une mobilisation diplomatique immédiate et énergique afin d’obtenir des explications claires, une réévaluation des décisions contestées et des garanties quant au respect des droits de nos compatriotes. La souveraineté n’est pas une formule incantatoire : elle s’exerce dans la protection concrète des citoyens.

Mais si aucune évolution significative n’intervient, si le sentiment d’injustice demeure et si nos démarches restent sans réponse satisfaisante, alors il est légitime d’envisager des mesures de riposte. J’appelle les Sénégalaises et les Sénégalais à faire preuve de patriotisme économique en orientant leurs choix financiers vers des institutions nationales et panafricaines. Ce n’est pas un acte d’hostilité envers un peuple frère ; c’est un acte de souveraineté citoyenne et de demande de justice équilibrée. Le Peuple du Sénégal ressent ces décisions sévères comme une sanction de la victoire sportive acquise sur le Maroc.

Le boycott économique des établissements financiers et des entreprises marocaines, lorsqu’il est pacifique, légal et organisé, constitue un instrument d’expression démocratique reconnu à travers le monde. En tant que responsable politique, je considère qu’il peut devenir un levier de pression légitime si la justice et l’équité ne sont pas au rendez-vous. Il ne s’agit pas de rompre les liens entre le Sénégal et le Maroc, mais de rappeler que la dignité de nos citoyens est non négociable.

Le Sénégal doit parler d’une seule voix. Gouvernement, opposition, acteurs économiques et société civile doivent se rassembler autour d’un principe simple : aucun Sénégalais ne doit être laissé sans défense. La Nation que nous voulons bâtir est une Nation respectée, parce qu’elle sait se faire respecter.

Ibrahima Thiam, Président du parti ACT

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