Traité mondial sur les plastiques : un nouveau revers diplomatique pour le Sénégal (Par Amadou Diallo)

13 - Février - 2026

Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime, la diplomatie sénégalaise enregistre une série de contre-performances qui interrogent sur la capacité du pays à maintenir son influence sur la scène internationale. Le dernier épisode en date concerne ce 7 février 2026, le traité mondial contre la pollution plastique, où le Sénégal a échoué à obtenir un rôle de premier plan, malgré ses ambitions affichées.
Alors que Dakar faisait partie des pays candidats pour présider le Comité intergouvernemental de négociation (INC) chargé d’élaborer ce traité sous l’égide des Nations unies, la présidence est finalement revenue au Chili, avec l’élection de l’ambassadeur Julio Cordano face au Ministre de l'environnement du Sénégal. Une défaite symbolique mais lourde de sens pour notre pays qui se présentait depuis plusieurs années en particulier sous le leadership de Macky Sall comme un acteur crédible sur les questions climatiques et environnementales, notamment grâce à :
1) l’interdiction des sachets plastiques,
2) son engagement dans les forums climatiques internationaux,
3) et son discours volontariste sur la protection des océans.
Dans ce contexte, briguer la présidence du processus sur le traité plastique apparaissait comme une continuité logique pour le nouveau régime incarné par Pastef. Mais l’échec de cette candidature révèle un affaiblissement de l’influence diplomatique sénégalaise, dans un dossier pourtant stratégique.

Mais force est de constater que ce revers diplomatique du Sénégal n’est pas isolé. Depuis l’installation du nouveau régime, plusieurs signaux négatifs s’accumulent :
1) Marginalisation dans certaines instances africaines et internationales, où le Sénégal n’occupe plus les positions de leadership qu’il détenait auparavant.
2) Perte de visibilité diplomatique, notamment dans les grandes négociations multilatérales.
3) Relations internationales parfois tendues, liées à des discours souverainistes mal calibrés ou à une diplomatie jugée moins professionnelle et plus idéologique.
L’échec sur le traité plastique vient ainsi s’ajouter à une liste de désillusions qui alimentent le sentiment d’un recul du prestige diplomatique sénégalais.

Le nouveau pouvoir avait promis une diplomatie « de rupture », plus souveraine, plus alignée sur les intérêts nationaux. Dans les faits, cette rupture semble surtout s’être traduite par :
une perte de réseaux,
une fragilisation des alliances traditionnelles,
et un manque de continuité dans les stratégies diplomatiques.
Or, dans les organisations internationales, l’influence ne se décrète pas : elle se construit sur la durée, par la stabilité, l’expertise et la crédibilité.

Au-delà du symbole, cette défaite pose une vraie question : le Sénégal est-il en train de sortir du cercle des pays qui comptent dans la gouvernance mondiale ?
Sur des sujets comme l’environnement, la finance climatique, la sécurité ou l’intégration africaine, le pays risque de passer du statut d’acteur moteur à celui de simple observateur, alors même que ces enjeux ont des impacts directs sur son développement.
Une alerte pour l’opinion publique
L’échec dans le dossier du traité plastique doit être compris comme un signal d’alarme. La diplomatie est un instrument stratégique de souveraineté, de développement et de rayonnement. Sa fragilisation n’est pas seulement un problème d’image : elle peut avoir des conséquences concrètes sur :
l’accès aux financements internationaux,

Pour de nombreux observateurs, il devient urgent que le Sénégal réévalue sa stratégie diplomatique, professionnalise davantage son action extérieure et sorte d’une logique de discours pour revenir à une logique d’influence réelle. Faute de quoi, les revers d’aujourd’hui pourraient devenir la norme de demain.

Amadou Diallo
Coordonnateur Apr France

Commentaires
2 commentaires
Auteur : Posté le : 14/02/2026 à 22h40
(4/5)

Ces nullards n'inspirent pas confiance. C'est symptomatique d'un régime de bras cassés et de gros parleurs

Auteur : Posté le : 13/02/2026 à 19h40

Bravo

Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

12 - Mars - 2026

Articles L29 et L30, caisses noires et... l'arme des militants de Sonko contre Diomaye :

Selon Wal fadjri, se fiant à ses informateurs, le bras de fer politique entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko devrait encore...

12 - Mars - 2026

Gouvernement : Ousmane Sonko annonce une série de communications sur les grands dossiers nationaux

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a annoncé le lancement prochain d’une série de communications publiques portant sur plusieurs dossiers jugés...

11 - Mars - 2026

Un militant de la Diaspora de Pastef Italie récuse le prix de la carte de membre fixé à 20 euros en Europe

La décision de fixer le prix de la carte de membre de Pastef Les Patriotes à 1000 FCFA au Sénégal et à 20 euros pour les militants établis en Europe...

10 - Mars - 2026

« LÀ OÙ IL N’Y A PAS DE GRANDE VISION, LE PEUPLE PÉRIT » (Par Ben Yahya SY)

Franklin Delano Roosevelt, homme d’État américain (1882-1945) Les lampions se sont éteints sur l’AG de la coalition Diomaye Président le 07 mars, veille...

10 - Mars - 2026

Pastef crée une Commission nationale de placement des cartes de membres

Le président de PASTEF – Les Patriotes, Ousmane Sonko, a signé une décision portant création d’une Commission nationale de placement des cartes (Cnpc)...