Code pétrolier : vives tensions entre Abdourahmane DIOUF et les députés de PASTEF à l’Assemblée
Lors de l’examen de la proposition de loi portant modification du Code pétrolier ce jeudi 24 septembre 2026, à l’Assemblée nationale les esprits se sont chauffés un peu trop vite. Selon Les Échos, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane DIOUF, et plusieurs députés de PASTEF ont eu quelques points de divergence qui ont rendu l’audience houleuse.
Le texte, porté par le groupe parlementaire PASTEF, vise à renforcer le contrôle de l’État sur les contrats pétroliers et à revoir certaines dispositions du Code de 2019. Mais les débats ont tourné court lorsque les parlementaires ont interpellé le ministre sur la gestion des blocs offshore, notamment le dossier Yakaar-Teranga. Selon des sources présentes dans l’hémicycle, les élus ont reproché à Abdourahmane DIOUF son « manque de transparence » sur les négociations en cours avec la société italienne Eni, signataire d’un protocole d’accord portant sur cinq blocs, dont le SN07M qui correspond à Yakaar-Teranga.
Le député Amadou BA a notamment exigé des explications sur les conditions de cet accord, rappelant que « le Sénégal ne peut pas brader ses ressources sans un débat parlementaire préalable ». D’autres élus ont fustigé la méthode employée, estimant que le ministre « agit comme si le Parlement n’existait pas ». Face à ces critiques, Abdourahmane DIOUF a tenté de défendre la démarche du gouvernement, assurant que « le protocole d’accord avec Eni n’entraîne aucune cession de droits » et qu’il « vise uniquement à accélérer l’exploitation du gaz dans l’intérêt des Sénégalais ». Mais ses explications n’ont pas convaincu une partie de la majorité, qui réclame des garanties écrites et la publication du document.
La séance a été suspendue à plusieurs reprises pour permettre des concertations. À l’issue des débats, la proposition de loi a finalement été adoptée en commission, non sans avoir été amendée. Le texte devrait être examiné en séance plénière dans les prochains jours.