CRIMES ODIEUX EN SERIES COMMIS SUR LES MINEURS : Le silence du Procureur de la République est-il éloquent ?
Monsieur le Procureur, les sénégalais ont peur et j’ai peur ;
Monsieur le Procureur, les sénégalais ont peur et vous avez peur ;
Monsieur le Procureur, les sénégalais ont peur et nous avons tous peur ;
Dans toute crise, il est capital de communiquer avec les médias qui jouent un rôle de relais avec la population. Ce relais a pour objet, notamment, de rassurer la population, de lui donner des informations à propos d’un événement qui les touche de près ou de loin, mais aussi de faire taire les rumeurs. Tout le monde en parle, La presse, la population, les parents et les enseignants excepté votre Institution qui a la qualité, la notoriété et la légitimité pour faire cet exercice. Les sorties médiatiques du parquet ne doivent pas seulement faire prévaloir les affaires politico-financières ;
Monsieur le Procureur de la République, vous qui êtes le patron de la police judiciaire, le dernier rempart contre l’illégalité et l’injustice, l’heure a sonné de sortir de votre mutisme et tenir une conférence de presse de va-t’en-guerre contre cette grande criminalité qui vise exclusivement les enfants (nos fils, filles, frères, neveux et nièces...etc.) ;
La crise ouvre un espace médiatique duquel on n’est pas maitre et dans lequel il s’agit absolument de se positionner au plus tôt et imposer son propre message. C’est votre travail fondamental et essentiel vous Monsieur le Procureur de la République communicateur face à cette criminalité que rien ne justifie en droit et en fait !
Monsieur le Procureur de la République, la communication est le relais entre l’institution et les médias, mais aussi entre l’institution et le grand public. La peur, la panique, l’angoisse, l’anxieux et la psychose sont réelles et ne souffrent d’aucun doute, alors il est capital de communiquer.
Nous espérons que dans les heures à venir, vous sortirez de votre silence et en contrepartie, nous aurons droit à un réquisitoire assorti des concepts juridico judiciaires fermes, ainsi que les sanctions que prévoient le Code Pénal en l’espèce afin que la peur puisse changer de camp et que force reste à la Loi.
Il y a, en termes de communication de crise, des attitudes disqualifiantes qu’il faut absolument éviter :
1- Le mutisme (absence totale de communication),
2- La fermeture de la communication (Nous n’avons aucun commentaire à faire) qui signifie, en fait, nous nous désintéressons de la crise,
3- Le démenti (il ne se passe rien),
4- Les déclarations rassurantes dans les situations qui ne le sont pas (Tout est sous contrôle si ce n’est pas le cas),
5- Le dégagement (je ne fais qu’appliquer des consignes ou c’est la faute de…),
6- La mise en cause des médias (les journalistes… tous des rapaces, seul le malheur les intéresse) car ce sont eux qui façonne l’image de l’institution par rapport à la crise
7- L’impossibilité de fournir des informations (Nous ne savons pas).
Que Dieu dans sa magnanimité garde et protège nos familles !
« NUL N’EST CENSE IGNORER LA LOI »
Maitre El hadji Amath THIAM
Consultant en droit, spécialiste
En Contentieux des Affaires.
thiamelamath@yahoo.fr