Donald Trump annonce un changement de doctrine face à l'Europe

16 - Janvier - 2017

Dans une interview accordée au Times et à Bild, le président élu des Etats-Unis explicite la vision du monde opportuniste et unilatéraliste de la nouvelle administration. L'Allemagne, notamment, change de statut.

Le président élu des Etats-Unis Donald Trump s'est longtemps désintéressé de l'Europe. Il commence, à quelques jours de son investiture le 20 janvier, à se pencher sur la question du Vieux continent. Dans une interview accordée aux quotidiens allemand Bild Zeitung et britannique The Times ce lundi 16 janvier, il a donné quelques éléments de sa vision européenne. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est désormais radicalement nouvelle.
Changement radical de doctrine

Pendant des décennies, les Etats-Unis ont vu dans l'Union européenne un élément clé de leur politique étrangère. Ils en avaient soutenu dans les années 1950 la création pour réconcilier les adversaires de jadis face au danger soviétique. Même après la chute du mur, les différentes administrations des Etats-Unis ont toujours soutenu le développement et l'existence de l'UE, évitant toute confrontation. Cette politique a été celle de Barack Obama, qui, en 2015, a tenté une conciliation entre les Européens et la Grèce, sans réellement s'immiscer dans la question. En 2016, le président des Etats-Unis avait franchement défendu le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Cette dernière apparaissait pour Washington comme un double enjeu stratégique face à la Russie : un objet d'attraction pour les pays proches de l'orbite russe et un moyen de défense diplomatique face à Moscou complémentaire de l'OTAN sur le plan militaire.

Cette vision s'ancrait dans une autre : celle d'une politique étrangère étasunienne fondée sur des zones d'influence qui pouvaient rencontrer des rivaux. Et elle trouvait un appui solide dans l'Allemagne réunifiée qui comptait sur les Etats-Unis pour la protéger militairement et qui, en retour, apportait à Washington un appui diplomatique et économique important face à la Russie. Berlin a ainsi toujours défendu les sanctions économiques contre Moscou et a joué un rôle actif dans la crise ukrainienne.

Tout ceci semble donc appartenir au passé. Donald Trump a une vision radicalement différente des relations internationales. Il rompt avec la stratégie des « zones d'influence » héritée de la seconde guerre mondiale et de la guerre froide. Sa politique étrangère est avant tout opportuniste : il n'y a ni alliés, ni ennemis a priori, mais seulement des opportunités, des circonstances qui font qu'il est bon de se rapprocher ou non de tel ou tel pays. La « grandeur de l'Amérique » n'est pas celle que l'on a connu depuis 1945, celle d'un « bloc », c'est celle d'un pays capable d'imposer ses intérêts partout. En cela, Donald Trump revient clairement à la politique traditionnelle des Etats-Unis d'avant la seconde guerre mondiale, à l'exception courte du second mandat de Woodrow Wilson (1916-1920), lorsque la puissance du pays s'exerçait avant tout par une domination économique qui dictait le reste. Ainsi, les Etats-Unis n'ont pas hésité dans les années 1920 à soutenir plus ou moins implicitement l'Allemagne contre ses anciens alliés, devenus des créanciers douteux...
Economisme américanocentré

Donald Trump a, comme les Républicains de jadis, une vision purement économique du monde qu'il voit comme un immense champ d'opportunités et de risques. C'est le fruit de la domination de sa pensée « américanocentrée » et ouvertement nationaliste. Ce qui importe n'est pas le contrôle effectif d'un territoire, mais l'utilisation de ce territoire pour l'économie et la stabilité des Etats-Unis. Donald Trump veut faire revenir les Etats-Unis à l'époque où sa puissance économique assurait seule sa puissance mondiale. Dans ce cadre, la lutte prioritaire que s'est donné le président élu, celle contre le terrorisme, le confirme dans cette stratégie : ce n'est pas le combat contre un Etat, c'est un combat diffus où l'ennemi est potentiellement partout.

C'est bien dans cet esprit que Donald Trump blâme l'intervention de George W. Bush en Irak en 2003 : c'est un engagement coûteux à ses yeux pour un bénéfice faible alors que l'utilisation du régime de Saddam aurait sans doute été plus profitable pour l'économie étasunienne. C'est aussi pour cela qu'il juge l'OTAN « obsolète » : une alliance fixe entre Etats divisant le monde entre alliés et potentiels ennemis ne correspond pas à cette vision du monde. On se souviendra qu'après la première guerre mondiale, les Etats-Unis avaient rejeté toute alliance fixe avec ses anciens alliés, malgré les demandes françaises de George Clemenceau. Washington voulait dominer le monde en toute liberté et à sa façon, en choisissant ses alliés selon les circonstances. On semble être revenu à cette époque. Certes, Donald Trump juge l'OTAN encore « très important », mais il ne fait pas l'ombre d'un doute qu'il entend changer l'essentiel de la logique de cette alliance.
L'opportunisme comme seule ligne

Cette vision opportuniste et unilatéraliste laisse donc ouverte la possibilité de compromis avec la Russie. « Ce serait bien, si l'on pouvait passer quelques bons accords avec la Russie », affirme-t-il. Rompant avec l'hostilité de la précédente administration, celle-ci est donc prête à discuter avec tout le monde, s'il y a des marchés et des places à prendre. Illustration de cette vision : interrogé sur Vladmir Poutine et Angela Merkel, Donald Trump affirme qu'il « fait d'bord confiance aux deux », mais que cette confiance « ne durera peut-être pas longtemps ». Les circonstances font tout. Quelques jours plus tôt, le président élu affirmait même qu'il voulait discuter avec la Chine, sa tête de turc préférée. C'est que si la Chine est d'emblée perçue par Donald Trump comme l'ennemi des emplois américains, le président élu reste ouvert, dans son esprit opportuniste, à tout accord « intéressant » avec l'ex-Empire du Milieu.
L'UE comme « instrument » de l'Allemagne

Que devient l'UE dans une telle vision ? La clé réside dans le changement de statut de l'Allemagne qui n'est plus a priori, le pilier de la politique européenne des Etats-Unis. On l'a vu sur la question de la confiance envers Angela Merkel. La République fédérale devient donc un pays comme un autre et dès lors passe plutôt du côté des rivaux économiques potentiels, comme l'est la Chine. Dans ce cadre, l'UE est perçue par Donald Trump non plus comme un atout pour les Etats-Unis, mais comme une « zone d'influence » allemande. Le président élu juge alors que l'UE devient un « instrument pour l'Allemagne ». Dès lors, c'est un élément désormais négatif pour Washington. Donald Trump affirme ainsi « qu'il lui est égal » que l'UE survive ou non. Une façon de dire qu'il est plutôt favorable à une disparition qui affaiblirait l'économie allemande. Il le confirme en louant le Brexit et en jugeant que d'autres pays « suivront ».
Le Brexit, opportunité pour Donald Trump

La politique européenne des Etats-Unis se définit donc comme celle d'un affaiblissement économique de l'Allemagne. Dans son programme, il avait déjà jugé que l'euro, en empêchant la réévaluation de la monnaie allemande, était un mode de « manipulation » monétaire digne de la Chine (qui, de ce point de vue, « manipulerait » d'ailleurs davantage sa monnaie à la hausse, qu'à la baisse...). Il faut donc isoler Berlin à tout prix sur le plan économique. Le Brexit lui ouvre une fenêtre d'opportunité et c'est bien pour cette raison que Donald Trump offre un accord de commerce à Londres « rapidement ». Il s'agit à la fois d'assurer le succès du Brexit et de rendre le mouvement plus attractif pour les autres pays de l'UE, mais aussi de mettre en place une gestion « au cas par cas » des relations internationales afin d'en tirer le plus d'avantages pour les Etats-Unis. Les Etats-Unis préfèrent discuter avec des pays isolés qu'avec un bloc, non pas parce qu'il serait un bloc en soi, mais parce qu'il serait le serviteur des intérêts de l'Allemagne, un rival économique important. Là encore, la référence est celle du début du 20e siècle, lorsque, avec sa politique de « porte ouverte », Washington tentait d'affaiblir les zones d'influences de ses rivaux économiques allemands, japonais et britanniques.
Hostilité envers l'Allemagne

L'Allemagne se retrouve donc désormais face à un pouvoir aux Etats-Unis ouvertement hostile. Donald Trump, malgré quelques compliments assez stéréotypés (« les Allemands aiment l'ordre comme moi »), ne s'en cache pas. Il critique fortement la politique migratoire d'Angela Merkel et, en jugeant l'OTAN obsolète, il ôte à Berlin la garantie dont le pays bénéficiait depuis 1949. Mais surtout, il ne cache pas que la puissance exportatrice allemande est dans sa ligne de mire. « Je dirais à BMW, si elle veut construire des automobiles au Mexique et les vendre aux Etats-Unis sans taxe à 35 %, elle peut l'oublier », explique-t-il. Bref, les firmes allemandes sont les bienvenues, si elles produisent aux Etats-Unis On ignore si Washington enclenchera des douanes de douane contre l'UE ou la zone.

Mais une chose est claire : l'opportunisme domine désormais la vision mondiale des Etats-Unis et l'Allemagne devra faire avec un allié qui, désormais, se définit aussi comme rival. C'est une mauvaise nouvelle pour elle qui aurait alors tout intérêt à répondre à ce nouvel ordre mondial par un renforcement coopératif de l'Europe plutôt qu'à l'actuel statu quo mortifère de sa politique européenne. Ce serait l'occasion de donner tort au président des Etats-Unis et à renforcer l'autonomie et la force des Européens dans un monde perçu par Donald Trump comme une véritable jungle. En tout cas, le changement de pied du « grand allié » ne sera pas sans conséquence sur les relations internes à l'UE.

La tribune

 

Commentaires
2 commentaires
Auteur : Posté le : 16/11/2022 à 15h05

Marcelo est mon nom de naissance [phynmarcel15@gmail.com]. Vraiment la nature peut tout guérir. Je peux dire cela commodément parce que j'ai emprunté cette route, j'ai été entre le diable et la mer d'un bleu profond, j'ai vu le mal et le laid en essayant de réparer ma vie malgré le nombre de fois où j'ai échoué j'étais encore déterminé à obtenir la guérison parce que j'étais jeune et que j'avais des personnes à charge. Les médecins m'ont dit d'apprendre à partir avec des démangeaisons, des douleurs et des brûlures et de continuer à prendre mes pilules même lorsqu'elles me dépriment. J'ai décidé d'exploiter davantage en bourrant internet et en faisant des recherches. J'ai lu d'excellents témoignages du Dr White {DRWHITETHEHIVHEALER@GMAIL.COM} Publiés par un survivant sincère dans un quotidien national. Étant un herboriste au grand cœur, l'homme que j'appellerai toujours papa et sauveur, nous avons discuté et il a juré de me sauver à condition que je parle de lui aux autres, après quoi il m'a envoyé le remède par courrier à utiliser deux fois par jour pendant 3 semaines. Ma seule difficulté était que l'un des médicaments était assez amer, mais n'abandonnez pas tout espoir maintenant, gardez la foi, cet homme est oint par le plus haut pour aider à mettre fin à votre HERPES, d'autres VIRUS comme le VIH et l'HÉPATITE, le CANCER et les infections BACTÉRIENNES. Envoyez-lui un e-mail aujourd'hui ou Watsapp +2349091844595 et remerciez le ciel par la suite. Traversez le tunnel, il promet de donner de la lumière à la fin.

Auteur : Posté le : 16/11/2022 à 15h00

Nous avions tout ce que nous voulions en tant que famille, sauf une bonne santé. Je devais le faire au profit de ceux qui doutent encore de l'efficacité des véritables médicaments à base de plantes, tout comme mon père doutait au moment où j'ai appris que le Dr WHITE était capable de guérir le virus de l'herpès. Contrairement à maman, papa est un (RACISTE) qui n'a jamais cru que quelque chose de bien pouvait venir de la nation noire. J'étais belle et aventureuse, mais quand j'ai eu une infection herpétique qui s'est propagée dans mon corps comme un grand feu à un moment où papa luttait contre le VIH, c'était comme un nuage noir couvrant ma famille. Pendant de nombreuses années, j'ai souffert de douleur et de honte. J'ai décidé de surfer sur Internet pour une cure alternative, ce qui m'a conduit au Dr WHITE WhatsApp +2349091844595, un herboriste et guérisseur puissant mais humble qui a promis de me guérir et a tenu ses paroles. Cet homme est un autre papa d'une autre nation. Au début, j'étais sceptique, je lui ai posé des questions pertinentes et non pertinentes, mais il a été patient pour prouver que mes médecins et mon père avaient tort de dire qu'il n'y avait pas de remède. Haven a fait tous les arrangements; il a préparé et m'a envoyé le remède par le service de courrier express que j'ai reçu à la porte. En 2 semaines d'utilisation de sa cure, mes symptômes ont disparu et j'étais à nouveau bien même si la prescription était d'un mois. Tout cela grâce au Dr White qui a placé l'intégrité et la sympathie humaine au-dessus des choses matérielles. J'avais lu de nombreux témoignages de ceux qui ont bénéficié des médicaments du Dr WHITE, cela m'a en fait incité à lui écrire mais aujourd'hui, je suis sans herpès et papa est séronégatif, j'ai vu mon cas et j'ai été convaincu d'utiliser la phytothérapie. Remerciements célestes au Dr WHITE pour avoir restauré notre joie. Carlito Savane
Courriel/ DRWHITETHEHIVHEALER@GMAIL.COM

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