INVESTIR AU SENEGAL : OPERATION DE CHARME AUPRES DES SENEGALAIS DE FRANCE
Une forte délégation conduite par Ahmadou Al Aminou Lo, ministre auprès du président de la République chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation ”Sénégal 2050”, participe à la 1ère édition du forum « Promotion des Investissements et de la compétitivité Economique » qui se tient les 29 et 30 avril, à Paris. Objectif : convaincre les Sénégalais de la diaspora d’investir au pays, mais aussi capter leur épargne, une manne financière estimée à quelque 300 milliards de FCFA.
« Osez investir » ! C’est l’appel qu’Ahmadou Al Aminou Lo, ministre auprès du président de la République chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation ”Sénégal 2050”, a lancé aux Sénégalais de la diaspora, mercredi 29 avril, à Paris, à l’occasion de la première édition du forum « Promotion des Investissements et de la compétitivité Economique ». Depuis l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême, le Sénégal a décidé de compter d’abord sur ses propres enfants pour financer son développement. C’est donc dans cette optique que les autorités tentent de convaincre les Sénégalais de la diaspora de jouer pleinement leur partition dans ce challenge. Ils en ont les moyens puisqu’ils envoient beaucoup d’agent au pays, mais surtout que leur épargne est une importante manne financière qui peut fortement contribuer au financement de l’économie sénégalaise.
« Au Sénégal, il y a des urgences, la première est de faire en sorte que dans le cadre du développement endogène, les Sénégalais prennent leur avenir en main. Prendre leur avenir en main, c’est payer leurs impôts, mais aussi c’est contribuer au financement de l’Agenda 2050. (…) Il suffit simplement que les Sénégalais se mettent ensemble notamment dans les fonds communs de placement. Que leur épargne puisse être drainée vers ces fonds qui se chargeront d’aller financer les programmes de l’Agenda 2050 », a expliqué Ahmadou Al Aminou Lo, ajoutant que cette épargne était estimée à quelque 300 milliards de nos francs. « A cela, il faut ajouter que chaque année, ce sont plus de deux mille milliards qui sont transférés vers le Sénégal. Plus de 70% de cette somme va dans la consommation des ménages. L’appel est qu’une partie des transferts finance les entreprises privées », a-t-il ajouté. A sa suite, le directeur général de l’APIX, Bakary Séga Bathily, a lui aussi apporté son grain de sel dans l’opération de charme auprès des immigrés.
Tenter de convaincre les Sénégalais de la diaspora d’investir au pays, c’est bien. Mettre en place des dispositifs qui facilitent leurs démarches administratives et qui sécurisent leurs investissements, c’est mieux. Car- c’est un secret de Polichinelle- les lenteurs administratives, la corruption, les difficultés de financement freinent la volonté des investisseurs issus de la diaspora. Ahmadou Al Aminou Lo rassure que des efforts sont en train d’être faits pour pallier ces carences. Mais pour plus d’efficacité, il a appelé à fédérer les dispositifs d’accompagnement. « A partir d’un guichet unique avec l’APIX, qu’on arrive à fédérer tous les dispositifs d’accompagnement. Qu’il s’agisse de l’ADEPME, du Bureau de Mise à Niveau, du FONGIP », a-t-il listé.

Une initiative salutaire, mais l’ambassade a manqué la cible !
Cette première édition du Forum « Promotion des Investissements et de la compétitivité Economique » est organisée par l’ambassade du Sénégal en France. Si l’initiative est salutaire, il faut dire que l’organisation n’a pas été à la hauteur. En effet, comment peut-on atteindre les objectifs de ce forum si les associations les plus représentatives de la diaspora ne sont pas invitées. Plusieurs identités remarquables, qui pourraient être des relais pour convaincre les immigrés d’investir au Sénégal, n’ont pas, elles aussi, été invitées. C’est notamment le cas de Mamadou Dème, sociologue des migrations, qui a beaucoup travaillé sur l’épargne des associations villageoises.
Ahmadou Al Aminou Lo, Bakary Séga Bathily et compagnie ont trouvé les mots justes pour « séduire » l’assistance, mais des doutes subsistent sur l’impact de leur opération car ils ont (presque) prêché dans le désert.
Cheikh Sidou SYLLA