LA POLITIQUE POLITICIENNE AU SENEGAL EST PARFOIS INCOMPREHENSIBLE (PAR IBRAHIMA THIAM)

13 - Décembre - 2025

Je ne peux que constater, avec une certaine perplexité, que la scène politique sénégalaise se distingue parfois par des contradictions si profondes qu’elles défient toute logique institutionnelle. Même l’observateur le plus averti peine à saisir certaines postures, pourtant adoptées par des personnalités occupant les plus hautes fonctions de l’État.

Que retenir, par exemple, de l’acharnement d’un Premier ministre en exercice contre une alliée politique, collaboratrice directe du Président de la République ? Comment expliquer une virulence aussi marquée envers une personnalité qui, non seulement ne mène aucun combat contre le chef du gouvernement, mais reste pleinement engagée dans la majorité présidentielle et son projet ? Une telle attitude interroge, au-delà de la simple cohérence politique, la stabilité même de l’action gouvernementale.

Les paradoxes ne s’arrêtent malheureusement pas là. Il est troublant de voir ce même Premier ministre, dont l’inéligibilité passée reposait sur un rapport inexistant, brandir aujourd’hui le contenu d’un rapport confidentiel de l’Inspection Générale d’État (IGE). Une démarche qui, outre la contradiction personnelle, soulève une question bien plus grave : celle du respect des normes et des procédures étatiques.

L’État n’est pas un espace d’improvisation. Il se fonde sur des règles, des institutions et des principes qui garantissent son bon fonctionnement. Si ces normes sont jugées imparfaites, il existe une voie républicaine pour les réformer. Mais ce qui est inacceptable, c’est de les violer délibérément, surtout lorsque l’on est précisément chargé de les faire respecter.

La gouvernance exige rigueur, humilité et compétence. Face à l’incertitude ou au doute, la solution la plus responsable reste de s’entourer d’experts, d’écouter ceux qui maîtrisent les textes, les institutions et les procédures. Voilà ce que devrait être le leadership. Voici ce que commande le sens de l’État.

À l’heure où le Sénégal aspire à consolider son État de droit, il est urgent d’identifier et de dénoncer les comportements qui relèvent davantage de la politique politicienne que de la responsabilité institutionnelle. Car la crédibilité de nos institutions dépend, avant tout, de ceux qui les incarnent.

Ibrahima Thiam
Président du parti ACT

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

02 - Mars - 2026

Tentions Diomaye-Sonko : Les points à l'origine de la mésentente

Le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé que le président Bassirou Diomaye Faye l'avait informé de son intention de rencontrer les députés de...

02 - Mars - 2026

Secrétaire général de l’ONU : la candidature de Macky Sall déposée

Macky Sall sort du silence et avance ses pions sur l’échiquier international. L’ancien président sénégalais est désormais officiellement en lice pour...

02 - Mars - 2026

L’EQUILIBRE INTERNATIONAL EN PERIL (PAR IBRAHIMA THIAM)

Le bombardement en Iran et la mort de l’ayatollah Ali Khamenei posent une question centrale : assistons-nous à l’effondrement du régime des mollahs ou à une...

26 - Février - 2026

L'Iran ne cherche «pas du tout» à avoir des armes nucléaires, selon son président

«Notre guide suprême (l'ayatollah Ali Khamenei, NDLR) a déjà déclaré que nous n'aurons pas du tout d'armes nucléaires», a affirmé le...

26 - Février - 2026

Seydi Gassama s'attaque à la campagne de Macky Sall au Burundi : « Les victimes de son régime n’ont pas les moyens de faire le tour du monde mais leurs voix seront entendues… »,

Alors que l’ancien président Macky Sall se rend au Burundi pour rencontrer le président Évariste Ndayishimiye, en exercice à la présidence de l’Union...