Ousmane Sonko ou la stratégie du chaos institutionnel

25 - Mai - 2026

Depuis son départ de la Primature, Ousmane Sonko semble engagé dans une logique de confrontation totale avec les institutions de la République. Ce qui se déroule actuellement dépasse largement un simple débat juridique ou une querelle politique : c’est une véritable entreprise de paralysie institutionnelle destinée à fragiliser le président Bassirou Diomaye Faye et à imposer un rapport de force permanent au sommet de l’État.

La démission du président de l’Assemblée nationale dans ce contexte ne relève pas du hasard. Elle apparaît comme une manœuvre politique grossière visant à organiser le retour précipité de Ousmane Sonko au Parlement après son éviction du gouvernement. Cette méthode traduit une vision inquiétante du pouvoir : les institutions ne seraient plus des cadres stables régis par le droit, mais des instruments au service d’ambitions personnelles.

Pourtant, les textes sont clairs. Le régime d’incompatibilité entre fonctions gouvernementales et mandat parlementaire ne souffre d’aucune ambiguïté. En choisissant la Primature, Ousmane Sonko avait lui-même acté son départ de l’Assemblée nationale. Juridiquement et politiquement, ce choix produisait des conséquences définitives.« Conformément à l’article 54 de la Constitution, ainsi qu’aux modalités d’application prévues notamment par l’article L.O. 175 du Code électoral et l’article 132 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale» Tenter aujourd’hui de contourner cette réalité par des artifices politiques constitue une atteinte grave à l’esprit de nos institutions.

Le plus dangereux reste cependant la stratégie globale qui se dessine : installer un climat de crise permanente, provoquer des tensions institutionnelles continues et placer le président Diomaye dans une situation d’affaiblissement politique constant. Derrière cette agitation se cache une obsession : rendre l’État ingouvernable pour maintenir une domination politique fondée sur le rapport de force.

L’histoire politique montre pourtant où conduisent ces logiques de confrontation permanente. Lorsque les institutions perdent leur crédibilité, lorsque les règles deviennent variables selon les intérêts des acteurs politiques, lorsque l’autorité civile s’affaiblit sous l’effet des crises répétées, les conséquences deviennent imprévisibles. Aucun pays n’est à l’abri d’un basculement lorsque la République cesse d’être respectée.

Le Sénégal a toujours été une exception démocratique. Cette stabilité repose sur le respect de l’État de droit, la solidité des institutions et la capacité des dirigeants à placer l’intérêt national au-dessus des ambitions personnelles. Il serait irresponsable de laisser s’installer une culture politique du chaos et de la confrontation permanente.

En ma qualité de président du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT), j’estime qu’il appartient désormais au président Bassirou Diomaye Faye de prendre toutes ses responsabilités pour préserver la stabilité de l’État et empêcher toute tentative de déstabilisation institutionnelle.

À ce titre, nous considérons que la réunion de l’Assemblée nationale destinée à installer Ousmane Sonko comme député ne doit pas se tenir tant que le contentieux juridique n’aura pas été définitivement tranché. L’État dispose des moyens légaux et républicains nécessaires pour empêcher toute violation manifeste de l’ordre institutionnel, comme cela s’est déjà produit dans l’histoire politique de notre pays sous la présidence de Léopold Sédar Senghor.

Nous demandons ensuite que le dossier soit immédiatement soumis au Conseil constitutionnel afin qu’il vide définitivement ce contentieux, dans le respect strict du droit et avec l’engagement solennel de toutes les parties d’accepter sa décision.

Enfin, face à la gravité de la situation et aux risques de paralysie institutionnelle, notre parti n’exclut pas que le président de la République use des pouvoirs que lui confère l’article 52 de la Constitution pour garantir la continuité de l’État et préserver l’ordre républicain, avec le soutien de l’ensemble des acteurs politiques du pays

Telle est la position claire et responsable de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail face à une situation qui engage désormais l’avenir même de notre stabilité démocratique.

Ibrahima Thiam, président du parti ACT

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