Retour des biens culturels en Afrique : Amadou Ba appelle à une stratégie commune entre la CEDEAO et l’UEMOA
Le ministre sénégalais de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, a appelé les États membres de la CEDEAO et de l’UEMOA, dimanche, à Dakar, à avoir une démarche commune pour accélérer le retour en Afrique des biens culturels africains spoliés par les colonisateurs.
‘’Au-delà de la volonté politique affichée, il nous faut adopter une démarche unifiée pour accélérer le retour [en Afrique] des biens culturels africains’’, a dit M. Ba en présidant une réunion ministérielle consacrée à l’élaboration d’un plan d’action conjoint sur cette question.
Cette réunion se tient à l’occasion du premier Festival ouest-africain des arts et de la culture (ECOFEST), organisé à Dakar par la CEDEAO et l’UEMOA.
Qualifiant cette rencontre d’‘’historique’’, Amadou Ba souligne qu’elle se tient à un moment symbolique, à la veille de l’ouverture officielle de l’ECOFEST.
Ce festival célèbre ‘’la vitalité de la création contemporaine’’ de la région, l’Afrique de l’Ouest, a-t-il dit, ajoutant que la célébration du présent ne doit pas pousser à oublier ‘’le devoir de se pencher sur notre passé’’.
’’Le retour des biens culturels n’est pas un simple dossier technique ou diplomatique. C’est une question de souveraineté, de dignité, un enjeu de mémoire et de transmission’’, a déclaré le ministre.
Selon lui, le contexte international est désormais ‘’plus que jamais favorable’’ au retour en Afrique des biens culturels spoliés par les colonisateurs.
Dès lors, les ministres chargés de la Culture doivent avoir une ‘’stratégie concrète, coordonnée et efficace’’ pour faire revenir ces biens en Afrique, a-t-il ajouté.
Le plan d’action conjoint de la CEDEAO et de l’UEMOA, soumis aux ministres, à Dakar, s’appuie sur les acquis des travaux antérieurs.
Il vise notamment l’identification des œuvres, la formation des experts africains en conservation, la modernisation des musées, ainsi que la ratification et l’application des conventions internationales encadrant le retour des biens culturels.
‘’Nous avons une responsabilité historique : adopter un plan d’action ambitieux et réaliste pour chacun de nos États’’, a souligné Amadou Ba, estimant que ce cadre commun permettra aux pays de la région de ‘’parler d’une seule voix’’ sur la scène internationale.
Le ministre dit être convaincu que les échanges attendus permettront de ‘’franchir une étape décisive dans la reconquête de notre patrimoine et de notre âme collective’’.