ÉDITO-L'ASSISTANAT A LA SENEGALAISE : TOUT S’ACHETE, TOUT SE VEND !

24 - Août - 2026

Les sollicitations répétitives inondent nos canaux de communication, surtout dans ce contexte économique morose. Chaque appelant place un espoir immense pour résoudre un problème quotidien, qu’il s’agisse d’une ordonnance, d’une facture d’eau ou d’électricité, d’un téléphone en panne, d’un baptême, d’un parfum haut de gamme, d’un accessoire inaccessible, d’un Magal ou d’un Gamou j’en passe. Dans une société d’apparence, cette apparence devrait surtout dessiner l’identité de ce citoyen assisté.
L’assistanat est devenu une tare de notre société, instrumentalisée ces dernières années par l’ensemble de notre classe politique qui semble tout acheter chez le votant : la dignité, les valeurs, les principes et les convictions. Bref, tout se vend et tout se rachète au Sénégal.
Le profil des bénéficiaires de l'assistanat est divers et touche toutes les catégories sociales. Beaucoup rivalisent d’inventivité pour obtenir de l’aide ou de l’assistanat : certains se plaquent des maladies graves ou des handicaps imaginaires, se donnent une vocation idéologique pour susciter la compassion et récolter des fonds. Des acteurs, comme des « dames de compagnie » et autres figures liées à l’immigration ratée, se livrent à des pratiques ambiguës sur les réseaux sociaux, parfois en tant qu’influenceurs, contribuant à dévaloriser le travail et la valeur du mérite.
La culture du travail semble vaciller au Sénégal. Au lieu de construire une identité fondée sur le travail, certains marginalisés prospèrent en dehors de toute production, faute de perspective réelle. Il ne s’agit pas de stigmatiser les margins, mais d’interroger l’identité collective que notre sociologie nous transmet : travailler pour gagner dignement, avec la sueur du front, paraît parfois une utopie pour de nombreux jeunes et adultes qui doutent des bienfaits du travail dans notre pays.
L’État doit pourtant créer les conditions d’un environnement favorable au travail décent et régulier. Avons-nous un véritable projet de société, qui permette à chaque Sénégalais, ou du moins à une part suffisante de la population, de vivre décemment en exerçant une activité génératrice de revenus, conforme aux lois et règlements en vigueur ?

KMNGN

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