Enseignement supérieur privé: L’État insiste sur la régulation des établissements et le respect des textes

06 - Mars - 2026

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom, a présidé, hier, la deuxième édition de la réunion annuelle de partage d’informations entre son département et les Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes). La rencontre, tenue à l’amphithéâtre de l’Institut polytechnique de Dakar (Ipd) Thomas Sankara, a permis de rappeler les exigences réglementaires, de dresser un état des lieux du sous-secteur et de dégager des perspectives pour un enseignement supérieur privé plus performant et mieux aligné sur les standards internationaux

L’enseignement supérieur privé occupe une place stratégique dans l’écosystème universitaire sénégalais. C’est le message délivré par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Daouda Ngom. Il présidait, hier, à Dakar, la deuxième édition de la réunion annuelle de partage d’informations avec les Etablissements privés d’enseignement supérieur (Epes). Devant les responsables d’écoles privées et les structures de régulation, le ministre a insisté sur la régulation de ces structures.

Le Pr Ngom a également souligné la nécessité de consolider un partenariat responsable entre l’État et le secteur privé afin de garantir une formation de qualité aux étudiants. Selon lui, le secteur privé contribue fortement à l’élargissement de l’offre universitaire et à l’absorption de la demande croissante de l’accès à l’enseignement supérieur. Il a rappelé que 21 % des étudiants sénégalais sont aujourd’hui inscrits dans les établissements privés, soulignant ainsi le rôle majeur de ces institutions dans la formation du capital humain. Le ministre a estimé que ce sous-secteur constitue désormais un pilier du système universitaire national, affirmant qu’il occupe aujourd’hui une place essentielle dans l’écosystème de l’enseignement supérieur ».

Dans un contexte marqué par les mutations technologiques et économiques, le Pr Daouda Ngom a indiqué que l’Enseignement supérieur, la Recherche et l’Innovation sont devenus des leviers incontournables du développement. « Dans un monde en pleine mutation, marqué par des révolutions numériques, climatiques et sociétales, l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation ne sont plus un luxe, mais des impératifs vitaux », a affirmé le Pr Ngom.

Miser sur la crédibilité des diplômes

Le ministre a également inscrit cette dynamique dans la perspective de la Vision Sénégal 2050, qui ambitionne « de bâtir une économie souveraine reposant sur un capital humain de qualité ». Il a expliqué que cette orientation implique une meilleure régulation du secteur et une adaptation des formations aux besoins du marché du travail. Selon lui, l’État entend renforcer les partenariats public-privé afin de faire du capital humain un véritable moteur de croissance.

Insistant sur la nécessité de garantir la crédibilité des diplômes, le Pr Daouda Ngom a rappelé que le respect des textes réglementaires constitue une exigence incontournable. Il a ainsi indiqué que « le respect strict des dispositions législatives et réglementaires garantit la qualité des formations offertes, la protection des étudiants et la crédibilité de nos diplômes tant au plan national qu’international ».

Dans la même lancée, le secrétaire exécutif de l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (Anaq-Sup), le Pr Massamba Diouf, a, pour sa part, rappelée que le système d’enseignement supérieur sénégalais compte environ 300.000 étudiants, dont près de 33 % orientés vers les établissements privés. Selon lui, ces chiffres témoignent du rôle croissant de ce sous-secteur dans l’organisation de l’offre universitaire. Le Pr Diouf a précisé que « les établissements d’enseignement supérieur privé sont évalués selon les mêmes standards et les mêmes référentiels que les institutions publiques », estimant que cette approche contribue à renforcer la crédibilité du système national d’enseignement supérieur.
Il a rappelé que 226 établissements privés ont été évalués entre 2014 et 2025, parmi lesquels 165 ont obtenu une habilitation, ce qui représente, selon lui, un niveau significatif de conformité aux exigences de qualité. Massamba Diouf a également rappelé que 503 programmes ont été examinés, dont 385 ont obtenu une accréditation, soit un taux d’environ 74 %. Selon lui, ces résultats traduisent les efforts réalisés pour améliorer la qualité des formations. Il a toutefois insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes afin de renforcer davantage les mécanismes d’assurance qualité.
Le directeur de l’Enseignement supérieur privé, le Pr Benoît Tine, a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’assainir l’écosystème du secteur afin d’en renforcer la crédibilité.

Selon lui, l’objectif poursuivi par les autorités est de faire du Sénégal « un pôle de formation de référence en Afrique francophone ». « Nous voulons redorer le blason de l’enseignement supérieur privé et faire en sorte qu’il devienne un hub au niveau de l’Afrique francophone, voire au-delà », a-t-il affirmé.

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