Hydrocarbures : Le gisement de Sangomar frôle sa capacité maximale, Woodside et Petrosen négocient la Phase 2
Deux ans après la sortie du premier baril le 11 juin 2024, le champ pétrolier offshore de Sangomar confirme des performances exceptionnelles.
D'après les résultats opérationnels du deuxième trimestre 2026 publiés par l'opérateur australien Woodside Energy et rapportés par L’Observateur, la production moyenne atteint près de 99 000 barils par jour pour un taux de fiabilité record de 99,3 %. Face à cette dynamique, Woodside et Petrosen étudient activement le lancement d'une deuxième phase de développement.
Grâce à un soutien de pression plus fort que prévu dans l'aquifère supérieur et à l'optimisation des puits, le plateau de production de Sangomar se prolonge, dépassant largement les prévisions initiales.
Des chiffres au-dessus des prévisions initiales
Le gisement avait déjà surperformé en 2025 avec 36,1 millions de barils produits contre 30,53 millions prévus. Le deuxième trimestre 2026 confirme cette très forte productivité :
À l'échelle mondiale, Woodside affiche une production globale de 41,3 millions de barils équivalent pétrole au T2 2026, fortement tirée par le succès de son actif sénégalais.
Vers une Phase 2 : Cibler de nouveaux réservoirs et le potentiel gazier
La constance des résultats pousse les partenaires du projet et le gouvernement sénégalais à négocier les contours de la Phase 2.
Selon l'ancien Directeur Général de Petrosen, Mamadou Faye, les opérateurs débutent toujours avec des hypothèses très prudentes pour limiter les risques financiers. Les données réelles recueillies depuis deux ans justifient pleinement une réévaluation à la hausse des réserves et de la valeur du gisement :
Réservoirs ciblés : Extension vers les réservoirs inférieurs S500 et supérieurs S400.
Volet gazier : Intégration d'une composante gazière pour acheminer le gaz naturel vers la terre ferme afin de renforcer la production d'électricité nationale (gas-to-power). Durée de vie prolongée : Initialement estimée à 20 ans, l'exploitation du gisement pourrait s'étendre sur 30 ans, voire plus.
Impact direct sur les finances publiques et le budget national
Cette hausse des volumes, couplée à un cours du pétrole brut évoluant autour de 100 dollars le baril (contre un modèle économique initial basé sur un prix plancher de 60 à 65 dollars), augmente significativement la rente pétrolière du Sénégal.
Les rapports trimestriels d'exécution budgétaire de 2026 confirment déjà la contribution croissante des recettes pétrolières et fiscales de Sangomar à la consolidation des finances publiques de l'État.