FRANCE : LE RESEAU DES ETUDIANTS SENEGALAIS DE PARIS-EST CRETEIL DEMANDE LA REVALORISATION DES BOURSES
En France, les étudiants sénégalais sont confrontés à deux principaux défis : l’adaptation au système pédagogique et les difficultés d’ordre social. C’est le constat dressé par Chamsidine Sy, président du Réseau des Etudiants Sénégalais de Paris-Est Créteil (RESPEC).
« Nous avons un système éducatif qui est relativement différent de celui de la France. C’est la raison pour laquelle certains étudiants rencontrent des difficultés sur le plan pédagogique. Sur le plan social, il y a une forte augmentation des frais d’inscription, à cela s’ajoute la pression de la préfecture s’agissant du renouvellement du titre de séjour. Toutes ces difficultés pourraient conduire certains étudiants à abandonner leurs études, et par conséquent, à perdre leur carte de séjour », a-t-il expliqué, vendredi 17 juillet, à Paris, en marge de la soirée de gala organisée par le RESPEC pour primer les meilleurs étudiants de l’association.
La France a décidé d’augmenter les frais d’inscription pour les étudiants extracommunautaires. À cette hausse s’ajoute une autre difficulté : ces apprenants ne peuvent plus bénéficier des aides personnalisées au logement (APL) s’ils ne sont pas titulaires d’une bourse sur critères sociaux. Dans ce contexte, une revalorisation des bourses apparaît comme une nécessité absolue, selon Chamsidine Sy. « Je lance un appel solennel aux autorités pour qu’elles augmentent la bourse afin de permettre aux étudiants de tenir face aux difficultés de la vie en France », a-t-il plaidé.
Plusieurs personnalités et partenaires ont pris part à cette soirée de l’excellence. Malgré les conditions d’études, parfois difficiles, certains étudiants parviennent à tirer leur épingle du jeu. Mais ces cerveaux vont-ils, un jour, prendre le chemin du retour pour contribuer au développement de leur pays ? Le Sénégal, comme beaucoup d’autres pays africains, finance les études de ses étudiants à l’étranger, mais une fois le diplôme en poche, certains font le choix de rester dans leur pays d’accueil en espérant y avoir une meilleure insertion professionnelle. Depuis plusieurs années, les autorités sénégalaises tentent de convaincre les étudiants à retourner au bercail au terme de leurs études, mais sans succès apparent ! « La fuite des cerveaux est une question qui taraude l’Afrique depuis plusieurs décennies. Mais je ne pense pas qu’on puisse la régler car le lieu où vous avez développé votre cerveau pour être diplômé est le lieu vous vous êtes le plus apte à pratiquer le métier que vous avez appris, a philosophé Youssouf Camara, Directeur de la Maison de l’Afrique. Donc, a-t-il poursuivi, lutter contre la fuite des cerveaux nécessite que les environnements qui souhaitent avoir ces cerveaux-là créent les conditions pour qu’ils reviennent. Ce ne n’est donc pas que la responsabilité de ceux qui partent ou qui restent après leurs études, c’est aussi de la responsabilité de ceux qui doivent créer les conditions pour qu’ils restent ou pour qu’ils reviennent. »
Par ailleurs, les étudiants ont décerné une mention spéciale à Meissa Lô, pour son soutien, et à Mamadou Lamine Sané, le représentant du Service de Gestion des Etudiants sénégalais à l’Etranger.
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